Corpo di Cristo, amico della nostra conversazione cibo per il nostro cammino, sostegno per la nostra fragilità,, medicina per la nostra malattia
Le Corps du Christ : Pain de Vie, Pain des anges pour les hommes
Fête du Corps et du Sang du Christ – Année C – 22 juin 2025
Rite romain :
Jn 14,18-20 ; Ps 109 ; 1 Cor 11,23-26 ; Lc 9,11-17
Rite ambrosien,
II dimanche de Pentecôte : Si 18,1-12, Ps 135 ; Rm 8,18-25 ; Mt 6,25-33
1) Le Corps du Christ offert pour nous.
A Noël, le Verbe s’est fait chair, aujourd’hui nous célébrons le fait que « la chair devient Parole » (H.U. von Balthasar).
Il serait inutile que la Parole devienne esprit. Le Verbe ne peut se donner à nous que comme chair. Ce que Dieu a à nous dire, il nous le dit corporellement, avec sa chair et avec son sang. Cette chair et ce sang sont vraiment une communication, une parole, une offrande, un don d'une qualité très spéciale parce qu’elle est divine. Quand nous recevons l'Eucharistie, presque toujours nous ne pensons qu’à la chair et au sang et nous oublions que « le Verbe s'est fait chair ». Nous oublions que ce que nous recevons est la Parole de Dieu qui nous est adressée. Parole pleine de signification, pleine de présence. Parole faite chair pour se donner complètement à nous.
Dire « Je t’aime » est facile à dire, mais difficile à prouver. Puisque ce sont les actes qui démontrent les paroles, ces actes doivent être corporels. Et c’est vrai aussi dans l’amour entre les personnes humaines où la parole doit se faire chair pour accomplir sa vérité : « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour son ami ». Et le Verbe s’est fait chair pour donner la vie afin que nous ayons la Vie. « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. » (Jn 8, 54 -58).
Son incarnation a rendu possible l'offrande complète de sa vie, pour le salut de nous qui mangeons son corps, buvons son sang, devenant Celui qui mange et demeure en lui. Donc, permettez-moi de parler de deux « Noël » du Christ. Dans le premier, à Bethléem (qui veut dire « Maison du pain »), il est né à la vie terrestre, a été enveloppé de langes et déposé dans une mangeoire, comme pour indiquer qu’il sera mangé lui aussi. Lors du second Noël, à Jérusalem (qui veut dire « Ville de la paix »), Jésus, par son sacrifice sur la croix, naît à la vie du ciel. Son corps nu fut « totalement revêtu de l’Esprit-Saint » (St Jean Chrysostome, Homélie VI, PG 46, 753) et donné pour tous comme pain de vie éternelle. Le Cénacle, avec le premier saint repas, et la croix, avec le sacrifice divin, sont offerts comme lieux de la miséricorde où trouver la grâce, le pardon et une aide.
Dans l’année C, les lectures de la messe de la fête du Corps et du Sang du Seigneur mettent le don, l’offrande en évidence.
En effet, le passage de la Genèse (première lecture) nous propose le roi de la paix, Melchisédech qui ne fait rien d’extravagant ou d’ostentatoire mais qui offre simplement le pain et le vin, en bénédiction (action de grâces, louange). Saint Paul, dans la seconde lecture tirée de sa première lettre aux Corinthiens, transmet à son tour ce qu’il a reçu en don. En présentant la multiplication des pains (cf. la troisième lecture), l’évangéliste saint Luc met sur les lèvres de Jésus les paroles suivantes : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». Les disciples répondirent : « Nous n’avons que cinq pains… », puis ils obéirent (= prêter l’oreille) au Messie et firent asseoir la foule en groupes, offrant ainsi à Jésus l’occasion d’accomplir le miracle de la multiplication des pains. À première vue, l’Évangile de ce dimanche semble s’éloigner du thème de l’Eucharistie. En effet, il nous renvoie au miracle de la multiplication des pains et des poissons, épisode très connu mais qui paraît loin de ce dernier repas de Pâques, consommé par Jésus à Jérusalem. En réalité, le récit de Luc parle aussi, à sa manière, d’un repas, un banquet improvisé dans un endroit désert, pour des invités assez inhabituels. Les plus de cinq mille personnes présentes, grâce au geste de charité obéissante des apôtres, reçurent du pain pour continuer à vivre une vie qui a une fin. Avec l’Eucharistie, le pain de la vie, nous recevons en don une nourriture miraculeuse pour la vie éternelle.
Par ce don magnifique de l’Eucharistie, qui est le fruit de la passion et de la mort du Christ, notre cœur, affamé d’éternité, est rassasié par Jésus qui pour nous s’est « fait » pain vivant et manne céleste. En effet, le froment semé en terre sert à produire le pain de la terre, qui permet de vivre mais n’empêche pas de mourir. En étant élevé sur la Croix, le Sauveur est semé dans le ciel, il se « fait » pain du ciel, éternel, « pain des anges fait pain pour les hommes », pèlerins de l’éternel et que ce pain fortifie en vue du bien et de la fidélité à Dieu. Par la communion, nous sommes vraiment en Dieu et Dieu est vraiment en nous.
2) Participation à l’offrande eucharistique.
L’offrande de Jésus immolé s’est transformée en vie pour nous. Comment pouvons-nous y participer ? Saint Jean Chrysostome fit une fois une demande similaire, lors d’une homélie : « Comment pourrions-nous faire une hostie de notre propre corps ? » et il y répondit ainsi : « Que vos yeux ne regardent rien de mauvais et vous aurez offert un sacrifice ; que votre langue ne profère aucune parole inconvenante, et vous aurez présenté une offrande ; que votre main ne commette pas de péché et vous aurez offert un holocauste ». Qu’à l’offrande du Corps et du Sang du Seigneur que nous faisons sur l’autel, se joigne le sacrifice de notre existence. Chaque jour, nous puisons dans le Corps et le Sang du Seigneur cet amour libre et pur qui fait de nous des ministres (du mot latin minister = minus quam alter = inférieur = serviteur) dignes du Christ et témoins de sa joie.
Dans l’Eucharistie, le Sauveur vient à nous non pas tant pour récompenser nos vertus mais pour nous communiquer la force de devenir des saints, c’est-à-dire des personnes guidées par la sagesse de son amour et dont il est l’hôte constant de leur cœur. Nous sommes saints, non pas si nous accomplissons des gestes extraordinaires mais si nous sommes unis au Christ, si nous faisons nôtres ses attitudes, ses pensées, si nous modelons notre vie sur la sienne. Plus nous allons communier, plus nous serons en communion avec Dieu et avec nos frères et sœurs. Laissons-nous guider par cet amour divin, afin que l’ « Amen » que nous disons lorsque nous recevons l’hostie consacrée soit non seulement affirmé par nos lèvres mais senti avec notre cœur.
Le pain eucharistique est le fruit du don de soi du Christ, fruit de sa passion et de sa mort, fruit de son amour « excessif ». Il ne nous reste qu’à l’adorer et à le remercier de nous avoir ancrés dans l’éternité comme ses frères, de nous avoir mis dans les mains du Père comme des enfants de son Fils, d’avoir fait « revivre » notre chair dans sa chair. « La participation à l’Eucharistie, sacrement de la Nouvelle Alliance, est le sommet de l’assimilation au Christ, source de vie éternelle et force du don total de soi (Bienheureux Jean-Paul II, Veritatis splendor, 21).
3) Procession et adoration
Si le Jeudi saint met en évidence le lien étroit qui existe entre la dernière Cène et le mystère de la mort de Jésus sur la Croix, aujourd’hui, la fête du Corpus Domini, avec la procession et l’adoration communautaire de l’Eucharistie, attire l’attention sur le fait que le Christ s’est immolé pour l’humanité tout entière.
Il est le Dieu avec nous, l’Emmanuel, et nous sommes invités à l’apporter au monde : aujourd’hui, avec la procession, et chaque jour par le témoignage des pas de notre cœur, qui trouve sa stabilité dans son amour.
Que son passage, avec nous et par nous, à travers les maisons et les rues de notre monde, soit pour nous une offrande de joie, de vie immortelle, de paix et d’amour.
Le fait de montrer Jésus dans les rues du monde sous le signe sacramentel du pain consacré éduque aussi à le percevoir sous le signe de chacun de nos frères, sous le signe de tous les événements de notre vie. En apportant cet Évangile eucharistique dans le monde, nous apportons cette présence divine aux hommes et aux femmes de tous les temps, leur offrant la grande bénédiction de Dieu : Jésus-Christ en personne.
Et l’amour nous rassemble, nous invite à marcher en suivant le Christ avec les pas de notre cœur, nous appelle à l’adorer. De l’abime de notre être de créatures fragiles, nous ne pouvons qu’adorer : « De fait, l’adoration n’est que le sentiment de notre néant, mais ce n’est pas un sentiment qui avilit, ce n’est pas un sentiment qui nous humilie : c’est un sentiment d’humilité, mais non d’humiliation, parce que l’âme expérimente son néant dans la mesure où elle se rend présente devant la grandeur absolue » (Divo Barsotti). De l’adoration naissent la familiarité et la confiance parce que l’adoration eucharistique est l’adoration du Dieu qui est l’amour immense, la grâce infinie et la miséricorde sans limites.
C’est une adoration qui fait vivre une véritable et complète adhésion au Christ, telle que l’expriment les vierges consacrées qui, par leur don total d’elles-mêmes, sont entrées dans un rapport d’intimité et d’union particulières avec le Christ, jusqu’à faire de lui le centre de leur existence, comme la Vierge Marie, qui fut la première vierge consacrée chrétienne et qui fut la personnification même de l’adoration de Jésus.
Il y a un rapport profond entre la virginité et l’adoration : l’une et l’autre sont envahies par la soif passionnée de voir l’Aimé face à face, de pouvoir enfin le serrer dans les bras, atteindre l’union si longtemps désirée. Comme pour la virginité, il semble que l’adoration n’ait pas d’objectif « pratique » mais elle est « au moins » une manière de manifester que le Seigneur est tout et qu’il vaut la peine de se donner et de passer du temps uniquement pour lui. Le corps et le cœur consacrés à Dieu dans la virginité, le temps que nous passons dans l’adoration devant Jésus, n’enlèvent rien à notre vie et à notre travail. Cela nous enracine intimement en Dieu et nous rapproche profondément les uns des autres, intensifie notre amour mutuel, rend plus vivante et plus réelle la présence du Christ : quelque chose, ou mieux, quelqu’un qui vraiment nous unit.
Lecture Patristique
Saint Jean Chrysostome
Le réalisme eucharistique de Jean Chrysostome nous est bien connu [8] En fait, et précisément à cause de l’importance que Jean accorde à la doctrine de notre incorporation au Christ, Jean est reconnu comme le docteur de l’Eucharistie. Citons seulement deux beaux textes [9] :
• Moi, je m’insinue en toi de toutes parts. Je ne veux plus rien entre nous deux : je veux que les deux deviennent un. Homélie in 1 Tim, 15
• Bâtissons donc sur le Christ, qu’il soit notre fondement, comme la vigne l’est pour le sarment, et que rien ne s’intercale entre nous et lui : si venait la moindre séparation, nous péririons à l’instant. Car le sarment vit de son rattachement et la construction tient par l’appui qu’elle trouve : si celui-ci venait à se dérober, elle s’effondrerait, n’ayant pas de soutien. Et ne nous attachons pas seulement au Christ, accolons-nous à lui ; le moindre intervalle nous ferait mourir. Car il est écrit (Ps 72, 27) : « Ceux qui s’éloignent de toi périront » Accolons-nous donc à lui et accolons-nous par les œuvres. Car, dit-il, « C’est celui qui observe mes commandements qui demeure en moi » (Jn 14, 21). Et en vérité, il fait notre union avec lui de beaucoup de manières. Vois : il est la tête, nous, le corps, peut-il y avoir un espace vide entre la tête et le corps ? Il est le fondement, nous l’édifice ; lui, la vigne, nous, les sarments ; lui, l’époux, nous, l’épouse ; lui, le berger, nous, les brebis ; lui, la voie, nous, les voyageurs nous, le temple, lui, l’habitant ; lui, l’aîné, nous, les frères lui, l’héritier, nous, les cohéritiers, lui, la vie, nous les vivants ; lui, la résurrection, nous, les ressuscités ; lui, la lumière, nous, les illuminés. Tout cela parle d’union, tout cela indique qu’il ne peut demeurer d’intervalle, fût-ce le plus petit. Qui se sépare, même très peu, verra la brèche grandir et sera écarté. Est-ce que notre corps, quand un glaive y fait une déchirure même exiguë, ne périt pas ? Est-ce qu’un édifice, par des fissures même étroites, ne va pas à sa ruine ? Est-ce qu’une branche, coupée de la racine, même délicatement, ne dessèche pas ? Ce, peu de chose, vous le voyez, n’est pas peu, c’est presque tout. Homélie 8 in 1 Co, 4)
Comme lecture (presque) patristique à méditer, je propose la Séquence
écrite par saint Thomas d’Aquin et qui est lue en ce jour au cours de la liturgie de la messe. C’est une composition magnifique qui nous introduit dans les contenus théologiques de l’Eucharistie de manière claire et profonde. Je présente ceux qui sont, à mon avis, à souligner, tout en proposant ci-dessous le texte latin intégral avec sa traduction littérale.
« C’est en effet la journée solennelle où nous fêtons de ce banquet divin la première institution. À cette table du nouveau Roi, la nouvelle Pâque de la nouvelle loi met fin à la Pâque ancienne. L’ordre ancien cède la place au nouveau, la vérité chasse l’ombre, la lumière dissipe la nuit. Ce que le Christ a fait à la Cène, Il a ordonné de le refaire en mémoire de Lui. Instruits par ces commandements sacrés, nous consacrons le pain et le vin en victime de salut. C’est un dogme pour les chrétiens que le pain se change en son Corps et le vin en son Sang. Ce que tu ne comprends pas, ce que tu ne vois pas, la foi vive l’affirme, hors de l’ordre naturel des choses. Sous des espèces différentes, signes seulement et non réalités, se cachent des choses sublimes. Sa chair est nourriture, son Sang est breuvage, pourtant le Christ tout entier demeure sous l’une ou l’autre espèce. Par celui qui le reçoit, il n’est ni coupé ni brisé, ni divisé : Il est reçu tout entier. Qu’un seul le reçoive ou mille, celui-là reçoit autant que ceux-ci et l’on s’en nourrit sans le détruire. Les bons le reçoivent, les méchants aussi, mais pour un sort bien inégal : pour la vie ou pour la mort. Mort pour les méchants, vie pour les bons, vois comme d’une même communion l’effet peut être différent. Quand le Sacrement est rompu ne te laisses pas ébranler, mais souviens-toi qu’il y a autant sous chaque fragment que dans le tout. La réalité n’est pas divisée, le signe seulement est fractionné ; mais ni l’état ni la taille de ce qui est signifié n’est diminué. »
Etymologie du mot « eucharistie » et histoire très brève de l’origine de la fête du Corps et du Sang du Christ
« èu » est un adverbe qui signifie « bien », dans toutes les acceptions du termes, alors que « chàris » signifie « grâce, don ».
Le verbe grec « eucharistèo » signifie « remercier », mais de fait l’expression « eucharistèa » peut être comprise soit comme « remerciement » à l’égard de Jésus pour son sacrifice et le salut du genre humain, soit comme « bonne charité », au sens de l’acte véritable du Christ lorsqu’il a subi la mort pour le salut du genre humain.
La fête du Corpus Domini tire ses origines du miracle de Bolsena (petite ville sur le lac homonyme dans la province de Viterbe, Italie). Un prêtre de Bohême, en 1263, alla célébrer la messe dans l’église de Sainte Christine ; il était tourmenté par des doutes sur la présence réelle dans le Corps du Seigneur, dans l’hostie consacrée. Au moment de la fraction de l’hostie, sous ses yeux terrifiés, tombèrent du calice des gouttes de sang, sur le corporal et sur le pavement. Le pape Urbain IV, qui résidait à Orvieto, fut aussitôt informé ; il fit examiner le prodige par d’illustres théologiens de l’époque, parmi lesquels Saint Thomas d’Aquin et Saint Bonaventure de Bagnoregio. Le miracle ayant été constaté, le pape institua la fête du Corpus Domini qui devait être célébrée chaque année dans tout le monde chrétien.
1. Lauda, Sion, Salvatorem lauda ducem et pastorem, in hymnis et canticis,
2. Quantum potes, tantum aude, quia major omni laude nec laudare sufficis.
3. Laudis thema specialis, Panis vivus et vitalis hodie proponitur.
4. Quem in sacræ mensa cenæ turbæ fratrum duodenæ datum non ambigitur.
5. Sit laus plena, sit sonora ; Sit jucunda, sit decora mentis jubilatio.
6. Dies enim solemnis agitur in qua mensæ prima recolitur hujus institutio.
7. In hac mensa novi Regis, novum Pascha novæ legis, phase vetus terminat.
8. Vetustatem novitas, umbram fugat veritas, noctem lux eliminat.
9. Quod in cena Christus gessit, faciendum hoc expressit, in sui memoriam.
10. Docti sacris institutis, panem, vinum in salutis consecramus hostiam.
11. Dogma datur christianis, quod in carnem transit panis et vinum in sanguinem.
12. Quod non capis, quod non vides animosa firmat fides, præter rerum ordinem.
13. Sub diversis speciebus, signis tantum et non rebus, latent res eximiæ.
14. Caro cibus, sanguis potus, manet tamen Christus totus, sub utraque specie.
15. A sumente non concisus, non confractus, non divisus, integer accipitur.
16. Sumit unus, sumunt mille, quantum isti, tantum ille nec sumptus consumitur.
17. Sumunt boni, sumunt mali, sorte tamen inæquali : vitæ vel interitus.
18. Mors est malis, vita bonis, vide paris sumptionis quam sit dispar exitus.
19. Fracto demum sacramento, ne vacilles, sed memento tantum esse sub fragmento quantum toto tegitur.
20. Nulla rei fit scissura signi tantum fit fractura ; qua nec status, nec statura signati minuitur.
21. Ecce panis angelorum factus cibus viatorum, vere Panis filiorum non mittendis canibus.
22. In figuris præsignatur, cum Isaac immolatur, Agnus paschæ deputatur datur manna patribus.
23. Bone pastor, Panis vere, Jesu, nostri miserere, Tu nos pasce, nos tuere, Tu nos bona fac videre in terra viventium.
24. Tu qui cuncta scis et vales, qui nos pascis hic mortales tuos ibi commensales, Coheredes et sodales Fac sanctorum civium. Amen. Alleluia.
Loue, Sion, ton Sauveur, loue ton chef et ton pasteur par des hymnes et des chants.
Autant que tu le peux, tu dois oser, car Il dépasse tes louanges et tu ne pourras jamais trop Le louer.
Le sujet particulier de notre louange, le Pain vivant et vivifiant, c’est cela qui nous est proposé aujourd’hui.
Au repas sacré de la Cène, au groupe des douze frères, Il a été clairement donné.
Que notre louange soit pleine, qu’elle soit sonore ; qu’elle soit joyeuse, qu’elle soit belle la jubilation de nos cœurs.
C’est en effet la journée solennelle où nous fêtons de ce banquet divin la première institution.
À cette table du nouveau Roi, la nouvelle Pâque de la nouvelle loi met fin à la Pâque ancienne.
L’ordre ancien cède la place au nouveau, la vérité chasse l’ombre, la lumière dissipe la nuit.
Ce que le Christ a fait à la Cène, Il a ordonné de le refaire en mémoire de Lui.
Instruits par ces commandements sacrés, nous consacrons le pain et le vin en victime de salut.
C’est un dogme pour les chrétiens que le pain se change en son Corps et le vin en son Sang.
Ce que tu ne comprends pas, ce que tu ne vois pas, la foi vive l’affirme, hors de l’ordre naturel des choses.
Sous des espèces différentes, signes seulement et non réalités, se cachent des choses sublimes.
Sa chair est nourriture, son Sang est breuvage, pourtant le Christ tout entier demeure sous l’une ou l’autre espèce.
Par celui qui le reçoit, il n’est ni coupé ni brisé, ni divisé : Il est reçu tout entier.
Qu’un seul le reçoive ou mille, celui-là reçoit autant que ceux-ci et l’on s’en nourrit sans le détruire.
Les bons le reçoivent, les méchants aussi, mais pour un sort bien inégal : pour la vie ou pour la mort.
Mort pour les méchants, vie pour les bons, vois comme d’une même communion l’effet peut être différent.
Quand le Sacrement est rompu ne te laisses pas ébranler, mais souviens-toi qu’il y a autant sous chaque fragment que dans le tout.
La réalité n’est pas divisée, le signe seulement est fractionné ; mais ni l’état ni la taille de ce qui est signifié n’est diminué.
Voici le pain des anges devenu l’aliment de ceux qui sont en chemin, vrai Pain des enfants à ne pas jeter aux chiens.
D’avance il est annoncé en figures, lorsqu’Isaac est immolé, l’Agneau pascal sacrifié, la manne donnée à nos pères.
Ô bon Pasteur, notre vrai Pain, Jésus, aie pitié de nous. Nourris-nous, protège-nous, fais-nous voir le bonheur dans la terre des vivants.
Toi qui sais tout et qui peux tout, Toi qui sur terre nous nourris, fais que, là-haut, invités à ta table, nous soyons les cohéritiers et les compagnons des saints de la cité céleste. Amen. Alléluia.
The Body of Christ: Bread of Life, Angelic Bread for humanity.
Feast of the Body and Blood of Christ - Year C - June 22nd, 2025
Roman rite
Gn 14, 18-20; Ps 109; 1 Cor 11, 23-26; Lk 9, 11-17
Ambrosian rite
Second Sunday of Pentecost
Sir 18,1-12; Ps 135; Rom 8,18-25; Mt 6.25-33
1) The body of Christ, offered for us
At Christmas the Word became fresh, today we celebrate the fact that the "flesh becomes Word" (H.U. von Balthasar).
It would serve no purpose for the Word to become spirit. God can donate himself to us only becoming flesh. What God wants to tell us, he tells it with his flesh and his blood. This flesh and this blood are really communication, a word, a gift, a delivery of quality that is special because it is divine. When we receive the Eucharist, often we think only of flesh and blood and forget that "the Word became flesh". We forget that what we receive is the Word of God addressed to us. A Word full of meaning, full of presence, a Word made flesh to give himself to us
"I love you" is easy to say, but difficult to prove. Facts are what makes words real. Consequently, these facts must be corporal. This is also true in the love between humans, where the word must become flesh to fulfill its truth: "There is no greater love than giving one's life for a friend". The Word became flesh to give life so that we might have Life. "Truly, I say unto you, if you do not eat the flesh of the Son of man and drink his blood, you do not have life in you. Whoever eats my flesh and drinks my blood has eternal life and I will raise him up on the last day. Because my flesh is real food and my blood is real drink. Whoever eats my flesh and drinks my blood remains in me and I in him. As the Father, who has life, sent me and I live for the Father, so he who eats me will live for me. This is the bread which came down from heaven; it is not like what the fathers ate and died. Whoever eats this bread will live forever "(Jn 6: 53-58).
The incarnation of the Word made possible the complete offering of his life for the salvation of those who eat his body and drink his blood becoming the One we eat and abide in Him.
Therefore, allow me to speak of two Births of Christ. With the first one in Bethlehem (whose meaning is House of Bread), Jesus was born to temporal life, was wrapped in swaddling clothes and was laid down in a manger to signify that He too will be eaten. With the second Birth in Jerusalem (whose meaning is City of Peace) Jesus, with the sacrifice on the Cross, was born to celestial life. His naked Body was “completely covered by the Holy Spirit” (Saint John Chrysostom Homely VI) and given as bread of eternal life for all. The Cenacle, with the first holy banquet, and the Cross, with the divine sacrifice, are offered as places of mercy where to find grace, peace, forgiveness and help.
In the liturgical year C, the readings of the Solemnity of the Most Holy Body and Blood of Christ highlight the gift and the offering.
In the first reading taken from Genesis we encounter Melchizedek, king of peace, who doesn’t do eccentric or conspicuous things but simply offers bread and wine with a benediction (to give thanks, to praise). Saint Paul, in the second reading taken from the 1st letter to the Corinthians, passes onto us what he has received as a gift. The Evangelist Saint Luke, presenting the multiplication of the loaves (third reading), makes Jesus say, “Give them some food yourselves”. The disciples answer “Five loaves are all we have”. Then, obeying (listening) to the Messiah, make the people sit allowing Jesus to do the miracle of the multiplication of the loaves. At first sight, today’s Gospel seems to distance itself from the Eucharist. It tells us about the very well-known event of the miracle of the multiplication of the loaves and of the fish, which seems far away from the last supper of Easter eaten by Jesus in Jerusalem. The narrative of Luke speaks about a dinner, an improvised banquet in a desert land for quite unusual dining companions. Thanks to the obedient charity of the apostles, five thousand people received bread making them be able to live a temporal life. With the Eucharist, the Bread of Life, we received as a gift miraculous food for eternal life.
With the wonderful gift of the Eucharist that is the fruit of the passion and death of Christ, our heart hungry for eternity is satisfied by Jesus who for us became live bread and celestial manna. The wheat planted in the ground produces bread of earth that allows us to live but doesn’t prevent us from dying. With his crucifixion the Redeemer is planted in heaven, becomes bread of heaven, eternal “Angelic Bread made Bread for mankind”, that is, pilgrim of eternity restored by this Bread in strength of good and in fidelity to God. With Communion we are indeed in God and God is in indeed in us.
2) The participation to the Eucharistic offering
The offering of the sacrificed Christ has been transformed in life for us. How could we participate in this? Saint John Chrysostom had the same question and once during a homely asked: “How could we make of our bodies a host?” His answer was: “Let your eyes not look at anything bad and you will have offered a sacrifice. Let your tongue not pronounce bad words and you will have made an offering. Let your hand not sin and you will have made a holocaust”. Let us accompany the sacrifice of our existence to the offering of the body and the blood of Christ that is made on the altar. Let us draw every day from the Body and the Blood of Christ the love free and pure that makes us worthy ministers (from the Latin minister= minus quam alter = inferior= servant) of Christ and witnesses of his joy.
In the Eucharist the Redeemer comes to us not to reward our virtue, but to communicate the strength to become saints, people guided by his wise love and who have him as constant Host in their hearts. We are saints not if we do extraordinary things but if we are united with Christ, if we make ours his behavior and his thoughts, and if we shape our life after his. The more we take Communion the more we’ll be in communion with God and with our brothers and sisters. Let us be guided by this divine love so that the “Amen” that we pronounce when we receive the consecrated Host may be affirmed not only with the mouth, but also with the heart.
The Eucharistic bread is the fruit of Christ’s gift of himself, fruit of his passion and death, fruit of his “exaggerated” love. We can only thank and adore Him for having anchored us to eternity as his brothers and sisters, for having put us in the Father’s hands as children in the Son and for having “revived” our flesh in his flesh. “Sharing in the Eucharist, the sacrament of the New Covenant is the culmination of our assimilation to Christ, the source of "eternal life" (Saint John Paul II, Veritatis splendor 21).
3) Procession and adoration
If on Holy Thursday the close relationship that there is between the Last Supper and the mystery of Christ’s death on the cross is highlighted, on the solemnity of the Most Holy Body and Blood of Christ with the procession and the communal adoration of the Eucharist, the attention is drawn to the fact that Christ had died for the entire humanity.
He is the God with us, the Emmanuel, and we are invited to carry him into the world with the procession of today and every day with the testimony of the steps of the heart established in his love.
May his passage for us and by us among the houses and the roads of the world be for us an offering of joy, eternal life, peace and love.
The fact of showing Jesus among the roads of the world under the sacramental sign of the consecrated Bread, becomes also an education to see him under the sign of every brother and sister and of all events of our life. Carrying this Eucharistic Gospel into the world allows us to carry this divine Providence to the men and women of all times. In this way we bring them the great and divine benediction: Jesus Christ.
It is Love that assembles us, invites us to walk following Christ with the steps of the heart, and calls us to adore Him. From the abyss of the fragile creatures that we are, the only thing that we can do is to adore him. “Adoration is the sentiment of our nothingness, but it is not a sentiment that discourages or humiliates. It is a sentiment of humility not of humiliation because the soul experiments its nothingness in so far as to make itself present in front of the absolute greatness” (Divo Barsotti). From adoration come familiarity and trust because the Eucharistic adoration is the adoration of God, of immeasurable love, infinite grace and limitless mercy.
It is an adoration that make us live a true and complete acceptance of Christ as it is manifested by the consecrated Virgins who with the gift of themselves have entered in a relationship of a particular intimacy and union with Christ to the point of making Him the center of their life as did Mary who is the first Christian Consecrated Virgin and the personification of the adoration of Jesus.
There is a profound relationship between virginity and adoration. Both are permeated only by the passionate desire to see the Loved One face to face, to be able to embrace him and reach the yearned union with him. Like virginity, also adoration seems not to have any “practical” aim but “at least” it is a way of manifesting that the Lord is everything and it is worthy to donate oneself and spend time only for Him. Our body and our heart consecrated to God in virginity and the time passed in adoration in front of Jesus don’t take away anything from our life and our job. On the contrary they take root intimately in God, put us deeply close to each other, intensify mutual love and make God’s presence more alive and more real: it is something, or better, someone that truly unites us.
A) Etymology of Eucharist and short story on the origin of the Solemnity of the Most Holy Body and Blood of Christ.
“Eu” is an adverb and means “good”, “charis” means “grace, gift”. The Greek verb “eucharisteo” means “to give thanks” but the expression “eucharistia” can be interpreted either as thanksgiving to Jesus for his sacrifice and the salvation of humanity or as “good charity” in the sense of Christ’s act of suffering death to save humanity.
The Solemnity of the most Holy Body and Blood of Christ has its origin in the miracle of Bolsena (a village on the shore of the lake of Bolsena in Italy). In 1263 a Bohemian priest while celebrating Mass in the church of Saint Cristina, was tormented by doubts regarding the true presence of the Body of Christ in the consecrated host. When he broke the host under his stupefied look a few drops of blood felt on his dress and on the floor. Pope Urban VI was immediately informed and he asked some of the greatest theologians of his time like Saint Thomas of Aquinas and Saint Bonaventure of Bagnoreggio to investigate this prodigy. Once the miracle had been confirmed, the Pope established that the Solemnity of the Most Holy Body and Blood of Christ (Corpus Domini) should be celebrated every year in the Christian world.
B) As meditation, I’d like to propose the Sequence written by Saint Thomas of Aquinas that is read in today’s Mass. It is a wonderful essay that takes us in a clear and profound way into the Theological contents of the Eucharistic.
Lauda Sion: The Sequence of Corpus Christi by St Thomas Aquinas (13th Century)
Zion, praise your Savior!
Praise your guide and your shepherd
In hymns and songs.
Dare to do as much as you can,
For he is greater than all praise,
And you do not do enough to praise him.
Today there is placed before us
The theme of special praise:
The living and lifegiving bread.
That it was given to that band of twelve brothers
At table during that holy supper
There is no doubt.
Let praise be full! Let it resound!
Let also the rejoicing of the spirit
Be pleasant and fit!
For that solemn day is here
In which the first institution
Of this meal is recalled.
In this meal of the new King,
The New Passover of the new law
Brings an end to the old Passover.
Newness drives away oldness;
Truth drives away its shadow;
Light puts an end to night.
What Christ did in that supper,
He commanded to be done
In his memory.
We who have been taught his sacred precepts
Consecrate bread and wine
As a saving victim.
This dogma is given to Christians:
That bread changes into flesh
And wine into blood.
What you do not grasp, what you do not see,
Courageous faith affirms,
Beyond the order of nature.
Beneath distinct species,
Which are only signs and not realities,
Tremendous realities lie hidden.
His flesh is food, his blood is drink,
Yet the whole Christ remains
Beneath either species.
By being received, he is not separated,
Not broken, not divided:
He is received wholly.
One receives, a thousand receive:
They as much as he,
And the one who is received is not reduced.
The good receive, the wicked receive:
Yet with an unequal lot,
Either of life or of damnation.
There is death for the wicked, life for the good.
See how from receiving the same thing
There is such a different result!
Then once the Sacrament is broken,
Do not waver but remember:
As much is beneath each fragment
As is hidden in the whole.
The reality is not divided.
Only the sign is broken
Yet neither the state nor the greatness
Of what is signified is diminished.
Behold the bread of angels
Has become the food of wayfarers.
Truly the bread of the children,
Not to be thrown to the dogs.
In figures, it is foreshadowed:
When Isaac is offered in sacrifice;
A lamb is designated for the passover;
Manna is given to our fathers.
O good shepherd, true bread,
Jesus, have mercy on us.
Shepherd us, defend us.
Make us see good things
In the land of the living.
You, who know everything and can do everything,
Who shepherd us here as mortals,
Make us your companions at table,
Coheirs and friends
Of the holy citizens of Heaven.
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