venerdì 20 settembre 2024

"Jésus est la tendresse de Dieu" Pape François


 

XXVIème dimanche du temps ordinaire – Année B – 22 septembre 2024

Rite Romain

Sg 2,12.17-20; Ps 53; Jc 3,16-4,3; Mc 9,30-37

 

Rite Ambrosien

1Roi 19,4-8; Ps 33; 1Cor 11,23-26; Jn 6,41-51

V dimanche après le martyre de saint Jean le Précurseur.

 

 

 

1) La tendresse de Dieu 

 

A mon avis, l’Evangile d’aujourd’hui n’a pas pour but principal de nous apprendre à être modestes et prêts à servir Dieu avec humilité, en secourant les petits dont les enfants sont l’exemple le plus évident. 

Aujourd’hui Jésus nous apprend la tendresse de Dieu qui naît d’un amour total, et qui arrive jusqu’à la mort sur la Croix. Cet amour divin ne se laisse pas étouffer par la mort mais il renouvelle la vie et fait ressusciter. C’est un amour modeste car il s’adresse à nous qui sommes faits de terre qui s’appelle « humus » en latin.

Évidemment le Rédempteur n’est pas modeste au sens étymologique de « peu élevé de la terre », mais il est modeste parce qu’il n’hésite pas à descendre sur terre et à prendre un corps qui vient de la terre. Il est modeste parce qu’il n’est pas orgueilleux : il est la plénitude et il est tendu pour aimer et donner la vie. 

Le Christ est modeste parce qu’il est miséricordieux et nous manifeste le tendre amour divin. 

La tendresse de Dieu n’est pas sentimentale. En revanche, elle est l’étreinte paternelle que nous recevons à travers son Fils qui est grand parce qu’il a su se faire petit. Lui, il n’impose pas l’amour par la force des armes, mais avec la douceur de ses bras ouverts vers nous, dans le berceau à Bethléem ainsi que sur la Croix à Jérusalem. 

Si nous voulons être les premiers parmi ses disciples, il faut être les premiers dans l’amour, semblable à celui quand nous nous donnons à Dieu sans réserve et servons nos frères et nos sœurs généreusement, dans l’humanité de notre cœur.

 

            Les disciples ne comprennent pas les paroles du messie, tant il est vrai qu’à leur arrivée à Capharnaüm ils avouent à leur maître que, sur le chemin, ils ont discuté de savoir qui était le plus grand d’entre eux. La réponse donnée par le Rédempteur nous étonne encore aujourd’hui. Il dit que le plus grand est celui qui sert et que le Royaume de Dieu se mesure à l’accueil fait aux petits: « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé » (Mc 9,37 – L’Evangile de saint Marc poursuit avec d’autres enseignements que nous verrons dimanche prochain). La prière (la collecte) de la messe d’aujourd’hui résume très bien cet enseignement : « O Dieu, Père de tous les hommes, tu veux que les derniers soient les premiers et que l’enfant soit la mesure de ton royaume ; donne-nous la sagesse qui vient d’en haut, afin que nous recevions la parole de ton Fils et comprenions que devant toi le plus grand est celui qui sert ».

            L’extrait de l’évangile d’aujourd’hui ne sont donc pas deux parties qui se juxtaposent: une sur l’annonce de la passion du Christ et l’autre sur la formation des disciples. Il s’agit d’un seul et même discours que nous pourrions intituler: «  La croix de Jésus et ses conséquences pour le disciple ». Devenir serviteur et accueillir les petits en son nom sont deux comportements que Jésus, avec douceur et fermeté, enseigne aux siens et qui doivent être « pratiqués » conjointement. Mettre en pratique ces deux comportements consiste à imiter le Christ, en le suivant jusque sur la croix, et comme Lui, à être un serviteur pour tous: « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous” (Mc 9, 35). 

            Depuis le jour où le Fils de Dieu s’est incarné  et qu’il est entré dans notre histoire, après un long chemin – du berceau de Bethléem jusqu’au « berceau » de la croix sur le Mont calvaire, à Jérusalem,  point culminant après un long parcours d’offrande (= un chemin de croix – les critères de jugement sur la valeur de la personne humaine et de celle de la dignité sont complètement renversés: la dignité d’une personne ne dépend en rien de la place qu’elle occupe, du travail qu’elle fait, des choses qu’elle possède, de la réputation qu’elle s’est faite. La grandeur de l’homme ne dépend pas de ce qu’il fait d’important, mais du service qu’il rend à Dieu et à l’homme pour montrer la gloire, la bonté et l’amour du Seigneur. 

            L’accueil est un moyen privilégié pour rendre ce service. Saint Marc utilise le verbe «  accueillir » à différentes occasions et sous différentes formes, mais toutes convergentes entre elles. L’évangéliste nous parle de l’accueil fait au missionnaire (6,11), à la Parole (4,20), au Royaume de Dieu (10,15), aux derniers. Accueillir signifie écouter, se rendre disponible, recevoir l’Infini fait Enfant, et recevoir les enfants qui, lorsqu’ils sont dans leur berceau, sont un reflet du ciel. Donc, accueillir signifie surtout se laisser «  étonner » par la Parole, ou par le missionnaire, ou par le plus petit, et être capable de se mettre à se mettre à son niveau. 

 

 

            2) Charité de la Passion

            Aujourd’hui, Jésus enseigne en plaçant un enfant au milieu des disciples et en l’embrassant. Il accomplit un signe. L’enfant qu’il embrasse c’est Lui,  et Lui il est le signe du Père qui l’a envoyé. L’enfant est signe de la tendresse de Dieu et de l’obéissance filiale de son Fils unique qui s’est fait enfant par amour et s’est crucifié par obéissance parmi les malfaiteurs. C’est un petit enfant, mais c’est un signe de Lui qui vient de Dieu ; et les paroles qu’il prononce (« Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé » Mc 9, 37) sont très révélatrices : l’enfant placé au milieu d’eux et que Jésus embrasse est à la fois l’image du Christ, l’image du chrétien et l’image de Dieu. Accueillir l’enfant au nom du Christ c’est recevoir le mystère de Dieu.

            L’Evangile d’aujourd’hui est un enseignement fort sur l’humanité du Fils de Dieu: Jésus dit être le Fils de l’homme.  C’est pourquoi sa mort et sa résurrection sont des choses concrètes, vraies. Et puis il y a cette conversation à la maison quand le Seigneur se retrouve avec ses disciples, sa « nouvelle » sainte famille, ou disons en train de marcher vers la sainteté. Il ne leur fait pas de reproche mais leur explique la nouvelle manière d’être les premiers : accueillir un petit c’est accueillir Lui et le Père. 

            Les disciples ont du mal à comprendre que suivre Jésus signifie renoncer à soi et prendre sa propre croix, ils ont peur. Nous aussi nous avons peur de comprendre. Ce n’est pas que nous ne comprenons pas, mais nous ne voulons pas comprendre. Cet enfant embrassé et mis au milieu des disciples est le signe du mystère de Dieu se livrant aux hommes. L’accueil des « petits » montre l’authenticité de notre service et de notre hospitalité envers l’Infini qui s’est fait Petit pour nous.

            Dans la Passion nous trouvons la charité. Il n’y a pas plus grand amour que celui de se faire tout petit et de donner sa vie pour ses amis,  de monter sur la croix et en être fiers, comme aspire l’apôtre Paul : que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste ma seule fierté. (Gal  6,14). Mais quand on parle de croix il n’est pas seulement question de deux morceaux de bois, mais de tout l’l’homme aussi, comme écrit saint Bernard de Clairvaux « Peut-être bien est-ce nous qui sommes nous-mêmes la croix de Jésus, à laquelle on rapporte qu'il a été attaché, car l'homme représente en lui la forme de la croix, comme on peut le voir lorsqu'il étend les bras ». 

            C’est sur la croix que Jésus nait au ciel, et la Vierge Marie qui l’avait mis au monde sans douleur, elle la Mère de Dieu, l’a «  rendu au ciel » en acceptant de souffrir bien plus que lors de son accouchement et en nous acceptant comme ses enfants en son Fils. Cette « Mater dolorosa », si solide sous la croix, est la Vierge des vierges. Celles-ci la suivent en l’imitant aussi dans sa maternité. Ces femmes en imitant Marie sont des mères en esprit car elles se donnent entièrement au Christ.

            Marie a donné son corps et son sang – autrement dit toute sa vie - de façon unique et exceptionnelle, pour en faire le corps et le sang du Fils de Dieu. Elle fut mère dans le sens le plus profond du mot: elle donna sa vie à l’Autre, et ‘façonna’ sa vie en lui. Elle accepta la seule chose vraiment essentielle pour chaque créature et toute la création : mettre le sens, et donc toute sa vie en Dieu. La virginité de Marie fut un don total d’amour, et non une ‘négation’ de l’amour. 

            C’est la totalité du don de Marie à Dieu qui est donc, la vraie expression, la vraie manifestation de son amour. La Mère de Dieu et notre mère à tous montra et montre toujours que la maternité est l’accomplissement de la féminité parce qu’elle est l’accomplissement de l’amour comme obéissance et réponse. C’est en faisant don de soi que l’amour donne vie, devient source de vie. 

            Le joyeux mystère de la maternité de Marie ne s’oppose donc pas au mystère de sa virginité. C’est le même mystère.  Celle-ci n’est pas « mère » indépendamment de sa virginité; au contraire sa virginité révèle toute la plénitude de la maternité car ‘pleine en amour’. Les vierges consacrées témoignent qu’aujourd’hui encore cette maternité est possible, avec simplicité, foi et donation.

            En effet, c’est cet amour plein qui nous fait accepter que Dieu vienne à nous, qu’on lui donne vie, Lui la vie du monde. Nous estimons et nous nous en réjouissons, reconnaissons, que les vierges consacrées témoignent le but et la plénitude de toute vie, de tout amour. C’est « accepter le Christ », lui donner vie en nous. 

 

En conclusion, il me fait plaisir d’évoquer la vocation d’humilité telle qu’elle est vécue par l’ordo Virginum, pour lequel l’humilité virginale devient une mission dans la vie de tous les jours, au travail et à la maison. La maternité spirituelle à laquelle ces femmes sont appelées se traduit dans l’assomption modeste et obéissante de la maternité de l’Eglise.

Le rite de l’ordo Virginum montre bien que la femme qui se consacre sur ce chemin, est invitée à une obéissance qui naît par la foi, à une espérance qui nait de la vie vécue pauvrement, à une permanence dans l’humilité. 

A travers cette permanence, les consacrées sont appelées à témoigner sur la manière dont l’humilité virginale devient une mission dans la vie de tous les jours, au travail ainsi que dans la prière cachée à la maison où elles vivent en toute simplicité. 

Cet idéal doit être prié, demandé, requis tous les jours, pas seulement par ceux qui ont fait leurs vœux religieux, mais par tous les fidèles laïcs.

En effet, même celui qui vit une vie « séculaire » en famille peut et doit respecter la règle de la familiarité avec la présence du Christ. Cette présence constitua la règle de vie de la sainte famille et elle peut et doit donc être la règle de chaque famille chrétienne. Il ne faut pas oublier que la famille de Nazareth était composée par un charpentier, une femme au foyer et un enfant. Cela montre que depuis le début le christianisme est humilité et douceur.

 

Lecture Patristique

Théophylacte (+ 1109)

Commentaire sur l'évangile de Marc,

PG 123, 588-589.

 

Jésus instruisait ses disciples en disant: "Le Fils de l'homme est livré aux mains des hommes; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera" (Mc 9,30-31). <> Généralement Jésus fait alterner les miracles avec les discours qui concernent sa passion, pour ne pas laisser croire que celle-ci serait due à sa faiblesse. Il annonce donc la triste nouvelle de son exécution et la fait suivre de la joyeuse annonce de sa résurrection le troisième jour. Il veut nous apprendre que la joie succède toujours à la tristesse, afin que nous ne laissions pas inutilement les chagrins nous submerger, mais que nous espérions des réalités meilleures.

 

Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda: De quoi discutiez-vous en chemin (Mc 9,33)? <> Les disciples, qui entretenaient encore en eux-mêmes des pensées très humaines, avaient discuté ensemble pour savoir lequel d'entre eux était le plus grand et était tenu en plus haute estime par le Christ.

 

Le Seigneur ne contrarie pas leur désir de jouir de sa plus haute estime. Il veut, en effet, que nous désirions parvenir au rang le plus élevé. Il n'entend pourtant pas que nous nous emparions de la première place, mais plutôt que nous atteignions les hauteurs par l'humilité. De fait, il a placé un petit enfant au milieu d'eux, et il veut que nous lui devenions semblables, nous aussi. Car le petit enfant ne recherche pas la gloire, il n'est ni envieux ni rancunier.

 

"Non seulement, dit-il, vous obtiendrez une grande récompense en lui ressemblant, mais si, à cause de moi, vous honorez également ceux qui lui ressemblent, vous recevrez en échange le Royaume des cieux. Aussi bien est-ce moi que vous accueillez et, en m'accueillant, vous accueillez Celui qui m'a envoyé."

 

Tu vois donc quel immense pouvoir a l'humilité, jointe à la simplicité de vie et à la sincérité: elle a le pouvoir de faire habiter en nous le Fils et le Père, et aussi, de toute évidence, le Saint-Esprit.

 

nd also of the Holy Ghost.

“Gesù è il racconto della tenerezza di Dio” (Papa Francesco)

Domenica XXV del Tempo Ordinario – Anno B – 22 settembre 2024

Rito Romano

Sap 2,12.17-20; Sal 53; Gc 3,16-4,3; Mc 9,30-37

 

Rito Ambrosiano

1Re 19,4-8; Sal 33; 1Cor 11,23-26; Gv 6,41-51

V Domenica dopo il Martirio di San Giovanni il Precursore.

 

            1) La tenerezza di Dio.

            Il Vangelo di oggi, secondo me, non ha come scopo principale di insegnarci come essere umili e pronti a servire Dio con umiltà, soccorrendo i piccoli di cui i bambini sono l’esempio più evidente. Oggi Gesù ci insegna la tenerezza di Dio, la quale nasce da un amore totale, che va fino alla morte di Croce. Questo amore divino non si lascia soffocare dalla morte, ma rinnova la vita e fa risorgere. E’ un amore umile perché è rivolto a noi esseri fatti di terra, che in latino si dice “humus”.

            Ovviamente il Redentore è umile non nel senso etimologico di “poco elevato da terra”, ma perché non esita scendere su questa terra e a prendere un corpo che viene dalla terra. E’ umile perché in Lui non c’è orgoglio, perché Lui è pienezza ed è tutto proteso ad amare e donare vita.

Cristo è umile perché è misericordioso e ci manifesta il tenero amore divino

La tenerezza di Dio non è un sentimento sdolcinato, ma l’abbraccio paterno che ci arriva attraverso il suo Figlio, che è grande perché ha saputo farsi piccolo. Lui l’amore non lo impone con la forza delle armi, ma con la dolcezza di braccia aperte verso di noi, sia nella culla a Betlemme, sia sulla Croce a Gerusalemme.

            Se vogliamo essere i primi tra i suoi discepoli, dobbiamo quindi essere i primi nell’amore, che è tale quando ci doniamo a Dio senza riserva e serviamo i nostri fratelli e sorelle in umanità di tutto cuore, generosamente.

            I discepoli (e di fatto noi con loro, perché oggi siamo noi i discepoli  di Cristo) non capiscono le parole del Messia, tanto è vero che arrivati a Cafarnao devono confessare al loro Maestro che, durante la strada, avevano discusso su chi fosse il più grande tra di loro. In un modo ancora oggi sorprendente, il Redentore dice loro che il più grande è colui che serve e che la misura del Regno di Dio è l’accoglienza dei piccoli: “Chi accoglie uno solo di questi bambini nel mio nome, accoglie me; e chi accoglie me, non accoglie me, ma colui che mi ha mandato” (Mc 9,37 - Il Vangelo di San Marco continua poi con altri insegnamenti che vedremo domenica prossima). Insegnamento ben sintetizzato dalla preghiera (la colletta) della Messa di oggi: “O Dio, Padre di tutti gli uomini, tu vuoi che gli ultimi siano i primi e fai di un fanciullo la misura del tuo regno; donaci la sapienza che viene dall'alto, perché accogliamo la parola del tuo Figlio e comprendiamo che davanti a te il più grande è colui che serve”.

            Dunque il brano evangelico di oggi non sono due parti giustapposte: una che riguarda l’annuncio della passione di Cristo e l’altra che riguarda la formazione dei discepoli. Si tratta di un unico e coerente discorso a cui possiamo dare il titolo: “La Croce di Gesù e le sue conseguenze per il discepolo”. Farsi servo e accogliere i piccoli nel suo nome sono due comportamenti che con dolcezza e decisione Gesù insegna ai suoi e che sono da “praticare” congiuntamente. Il praticare questi due comportamenti è imitare Cristo, seguendoLo fino ad andare in Croce come Lui ed essere come Lui servo di tutti: “Se uno vuole essere il primo, si consideri l’ultimo di tutti e si faccia il servo di tutti” (Mc 9, 35). 

            Dal giorno in cui il Figlio di Dio si è incarnato ed è entrato nella nostra storia, percorrendo un lungo cammino –che dalla culla di Betlemme fu un percorso di offerta (= una via della Croce) che culminò alla “culla” della Croce sul monte Calvario a Gerusalemme- i criteri di giudizio sul valore della persona umana e della dignità sono radicalmente capovolti: la dignità di una persona non sta nel posto che occupa, nel lavoro che fa, nelle cose che ha, nella fama che raggiunge. La grandezza dell’uomo non consiste in quello che fa di importante, ma nel servizio a Dio e all’uomo, perché la gloria e la bontà e l’amore del Signore siano manifeste.

            Modalità privilegiata di questo servizio è l’accoglienza. Nel suo Vangelo San Marco utilizza il verbo “accogliere” in diverse occasioni e con diverse sfumature, tutte però in qualche modo convergenti. Questo Evangelista ci parla dell’accoglienza fatta al missionario (6,11), alla Parola (4,20), al Regno (10,15), ai piccoli. Accogliere significa ascoltare, rendersi disponibili, ospitare l’Infinito che si è fatto Bambino e i bambini i cui quando sono nella culla riflettono il cielo. Accogliere dunque vuole dire soprattutto di lasciarsi “stupire” dalla Parola, o dal missionario, o dal piccolo che si accoglie, e la capacità di porsi al suo servizio. 

 

 

            2) Carità della Passione

            Oggi, Gesù insegna ponendo dinanzi ai discepoli il segno di un bambino. Lo abbraccia perché è segno suo; lui è il segno del Padre che Lo ha mandato e il bambino è segno della tenerezza di Dio e dell'obbedienza filiale del suo Unigenito, che per amore si è fatto Bambino e che per obbedienza si è fatto crocifiggere tra i malfattori. È un bambino piccolo, ma è segno di Lui che viene da Dio; e le parole che pronuncia (“Chi accoglie uno solo di questi bambini nel mio nome, accoglie me; e chi accoglie me, non accoglie me, ma colui che mi ha mandato” Mc 9, 37) sono cariche di grande rivelazione. Il bambino posto in mezzo e abbracciato è allo stesso tempo immagine del Cristo, immagine del cristiano e immagine di Dio. Accogliere il bambino nel nome del Cristo è ricevere il mistero stesso di Dio.

            Il Vangelo di oggi è un insegnamento forte sull’umanità del Figlio di Dio: Gesù dice di essere il Figlio dell’uomo.  Per questo la sua morte e la sua resurrezione, sono cose concrete, vere. E poi c'è quel colloquio in casa quando il Signore si ritrova con i suoi discepoli, la sua “nuova” santa famiglia, o, meglio, in cammino verso  la santità. Non li rimprovera, ma spiega loro il modo nuovo di essere primi: accogliere un piccolo è accogliere Lui e il Padre. 

            I discepoli fanno fatica a capire che seguire Gesù significa rinunciare a se stessi e prendere la propria croce, ma hanno paura. Noi pure abbiamo paura di capire. Il nostro non capire è un non voler capire. Quel bambino abbracciato e messo in mezzo è il segno del mistero di Dio che si consegna nelle mani dell'uomo. È l’accoglienza dei “piccoli” la verifica dell’autenticità del nostro servizio e della nostra ospitalità all’Infinito che si è fatto Piccolo per noi.

            Nella passiono troviamo la carità.. Nessuno ha un amore più grande di colui che da grande che era si fece piccolo e dà la vita per i suoi amici, andando in croce. La croce del Signore, in cui ci gloriamo insieme all'Apostolo: Di null'altro mi glorierò dice se non nella croce del Signore nostro Gesù Cristo (Gal  6,14), non solo quella composta da due pezzi di legno, ma è l’uomo stesso come scrive San Berardo di Chiaravalle “Forse proprio noi siamo la croce a cui Cristo si ricorda di essere stato confitto. L’uomo, infatti, ha la forma di una croce. e se distende le mani lo esprime molto chiaramente”. 

            E’ sulla Croce che Gesù nasce al Cielo e Maria Vergine che l’aveva messo alla luce senza dolore, lei la Madre di Dio, lo “mise alla Luce” accettando di soffrire ben più che i dolori del parto e accettando noi suoi figli nel Figlio. Questa “Mater dolorosa” che stette salda sotto la Croce è la Vergine delle vergini, che la seguono imitandolo pure nella maternità. Queste donne imitando Maria sono madri nello spirito perché il dono completo de loro stesse a Cristo.

            In modo eminente e unico Maria diede il suo corpo e il suo sangue – cioè, tutta la sua vita – perché fossero il corpo e il sangue del Figlio di Dio. La Madonna fu madre nel più pieno e profondo senso della parola: diede la sua vita all’Altro, e  ‘informò’ la sua vita in lui. Accettò l’unica vera essenzialità di ogni creatura e di tutto il creato: di porre, cioè, il senso e, quindi, la pienezza della sua vita in Dio. La verginità di Maria fu pienezza e totalità dell’amore, non fu una ‘negazione’ dell’amore. 

            È la totalità del dono di Maria a Dio e, quindi, la vera espressione, la vera qualità del suo amore. La Madre di Dio e nostra mostro e mostra ancora oggi che  maternità è il compimento della femminilità perché è il compimento dell’amore come obbedienza e risposta. È offrendosi che l’amore dà vita, diviene fonte di vita. 

            Il gioioso mistero della maternità di Maria non è dunque opposto al mistero della sua verginità. È lo stesso mistero. Ella non è madre ‘a dispetto’ della sua verginità; anzi, questa rivela la pienezza della maternità perché la sua verginità è la pienezza dell’amore. Le Vergini consacrate testimoniano che ancora oggi questa maternità è possibile, con semplicità, fede e donazione.

            Infatti, è la pienezza dell’amore che accetta la venuta di Dio a noi, dando vita a Lui che è la vita del mondo. Stimiamo e gioiamo e riconosciamo che le consacrate testimoniano il fine e la pienezza di ogni vita, di ogni amore è “accettare il Cristo”, dargli vita in noi.

            Mi piace infine ricordare la vocazione di umiltà come è vissuta nell’Ordo Virginum, in cui l’umiltà verginale diventa missione nella vita di ogni giorno, al lavoro come in casa. La maternità spirituale a cui queste donne sono chiamate si identifica con l’umile ed obbediente assunzione della maternità della Chiesa.

            Il Rito dell’Ordo Virginum indica bene che la donna, che si consacra in questa strada, è invitata ad un’obbedienza che nasce dalla fede, ad una speranza che nasce dalla vita vissuta poveramente, ad un permanere nell’umiltà. Mediante tale permanere queste consacrate sono chiamate a testimoniare come l’umiltà verginale diventa missione nella vita di ogni giorno, al lavoro come nella preghiera nascosta nella casa dove vivono con semplicità.

            Questo ideale deve essere l’ideale pregato, domandato, richiesto, mendicato ogni giorno non solo da chi ha fatto i voti religiosi, ma da tutti i fedeli laici.

            Infatti anche chi vive una vita “secolare” in famiglia può e deve avere come regola la familiarità con la presenza di Cristo. Presenza che costituì la regola di vita della Santa Famiglia e, quindi, può e deve essere la regola di ogni famiglia cristiana. Non dimentichiamo che la Famiglia di Nazareth era composta da un falegname, una casalinga ed un bambino, segno che si sin dall’inizio il cristianesimo è umiltà e dolcezza.

 

 

 

 

Lettura Patristica

San Beda il Venerabile,

In Evang. Marc., 3, 9, 28-37

 

 

       "Partiti di là, si aggiravano per la Galilea, e non voleva che alcuno lo sapesse. Ammaestrava frattanto i suoi discepoli e diceva loro: «Il Figlio dell’uomo sarà consegnato nelle mani degli uomini, e lo uccideranno, ma, ucciso, dopo tre giorni risorgerà»" (Mc 9,30-31).

 

       «Il Signore unisce sempre alle cose liete le tristi, affinché, quando queste giungeranno, non atterriscano gli apostoli, ma siano accolte da anime pronte. Così li rattrista dicendo che dovrà essere ucciso, ma li fa lieti col dire che nel terzo giorno risorgerà» (Girolamo).

 

       "Essi però non comprendevano quel discorso e temevano di interrogarlo" (Mc 9,32).

 

       Questa ignoranza dei discepoli non nasce tanto dalla limitatezza del loro intelletto, quanto dall’amore che essi nutrivano per il Salvatore; questi uomini ancora carnali e ignari del mistero della croce, non avevano la forza di accettare che colui che essi avevano riconosciuto essere vero Dio tra poco sarebbe morto. Ed essendo abituati a sentirlo parlare per parabole, poiché inorridivano alla sola idea della sua morte, tentavano di dare un significato figurato anche a quanto egli diceva apertamente a proposito della sua cattura e della sua passione.

 

       "E giunsero a Cafarnao. Entrati in casa chiese loro: «Di che cosa discutevate per via?». Ma essi tacevano. Infatti, mentre erano per strada discutevano tra loro chi fosse il più grande"(Mc 9,33-34).

 

       Sembra che la discussione fra i discepoli sul primato fosse nata perché avevano visto che Pietro, Giacomo e Giovanni erano stati condotti in disparte sul monte e che ivi qualcosa in segreto era stato dato loro. Ma erano convinti già da prima, come narra Matteo (Mt 16,18-19), che a Pietro erano state date le chiavi del regno dei cieli, e che la Chiesa del Signore doveva essere edificata sulla pietra della fede, dalla quale egli stesso aveva ricevuto il nome; perciò concludevano o che quei tre apostoli dovevano essere superiori agli altri, o che Pietro fosse superiore a tutti.

 

       "E sedutosi, chiamò i dodici e disse loro: «Se qualcuno vuole essere il primo, sarà l’ultimo di tutti e il servo di tutti». E preso un fanciullo lo collocò in mezzo a loro, e presolo tra le braccia, disse loro: «Chiunque riceverà uno di questi fanciulli nel mio nome, riceve me...»"(Mc 9,35-37).

 

       «Il Signore, vedendo i discepoli pensierosi, cerca di rettificare il loro desiderio di gloria col freno dell’umiltà, e fa loro intendere che non si deve ricercare di essere i primi, così dapprima li esorta col semplice comandamento dell’umiltà, e li ammaestra subito dopo con l’esempio dell’innocenza del fanciullo. Dicendo infatti: "Chiunque riceverà uno di questi fanciulli nel nome mio, riceve me", o mostra semplicemente che i poveri di Cristo debbono essere ricevuti da coloro che vogliono essere più grandi per rendere così un atto d’onore al Signore, oppure li esorta, a motivo della loro malizia, ad essere anche essi come i fanciulli, cioè, come fanno i fanciulli nella loro età, a conservare la semplicità senza arroganza, la carità senza invidia, e la devozione senza ira» (Girolamo). Prendendo poi in braccio il fanciullo, fa intendere che sono degni del suo abbraccio e del suo amore gli umili, e che, quando essi avranno messo in pratica il suo comandamento: "Imparate da me che sono mite e umile di cuore" (Mt 11,29), solo allora potranno giustamente gloriarsene e dire: "La sua mano sinistra è sotto la mia testa e la sua destra mi abbraccerà" (Ct 2,6). E dopo aver detto: «Chiunque di voi riceverà uno di questi fanciulli», giustamente aggiunge: «nel mio nome», in modo che anch’essi sappiano di poter raggiungere, nel nome di Cristo e con l’aiuto della ragione, quello splendore della virtù che il fanciullo possiede per natura. Ma poiché egli insegnava ad accogliere se stesso nei fanciulli come si accoglie il capo accogliendo le membra, affinché i discepoli non avessero a fermarsi solo all’apparenza, aggiunge:

 

       ...«E chiunque riceve me, non riceve me, ma Colui che mi ha mandato»,

 

       volendo così convincere gli astanti che egli era tale e quale il Padre.

venerdì 13 settembre 2024

Recognizing Christ requires faith and modesty.

XXIV Sunday in Ordinary Time - Year B - September 15, 2024

Roman Rite

Is 50, 5-9a; Ps 115; Jas 2.14 to 18; Mk 8.27 to 35

 

Ambrosian Rite

Is 32.15 to 20; Ps 50; Rm 5, 5b-11; Jn 3.1 to 13

Third Sunday after the Martyrdom of St. John the Precursor.

 

 

1) Recognizing Christ.

            The entire Gospel of St. Mark intends to answer to the question "Who is Jesus?” But in the passage that we read today it is Jesus that explicitly puts the question "Who do you say that I am?". Therefore, we are forced to respond.

In the previous chapters that we read in the past few Sundays, Jesus did not answer to this question with a definition of himself, but with actions that manifest what He is by what He does:

• He does make the lame walk. He is the One who gives man the ability to walk through life;

• He does make the deaf hear and the mute speak. He is the one who has the words of life that explain life;

• He does raise the dead. He is the Giver of life;

• He does make the blind see. He is the Light that gives the light and carries us to light;

• He does calm the waters of the sea. He is Lord of nature;

• He does give the bread in the desert. He is the One who nourishes body and soul.

Seeing his “doing, the conclusion that we should reach should be " He is the Messiah (in Greek: the Christ)." Unfortunately, the people of that time and many even today did not grasp the novelty and greatness of Jesus. To the question "Who do you say that I am" the answer of the majority is that this "doer" is nothing more than a prophet like those who had preceded him. Then, Jesus asks the question to his disciples "And who do you say that I am?” Peter, also on behalf of the others, responds promptly "You are the Christ!” Peter recognizes clearly that Jesus is the Messiah. He gives an answer that is accurate. There is no other answer. Christ, dead and risen, is the one in whom it is accomplished the impossible, the unthinkable, the only fact that can change the course of human history. Without him a man or a woman are "human being destined to death" (Martin Heidegger) while, if he or she is "tied" to the Cross, he or she is “untied" from death.

Moreover, it must be remembered that the reply of St. Peter implies a further recognition: that of crucified love. The logic of the cross “is not the one of pain and death, ma the one of love and gift of self that carries life”. (Pope Francis)

It is the way of the Cross that completes the speech, making it clear. When the Chief of the Apostles tells him "You are the Christ," Jesus feels the need to point out that he is the Son of God who must suffer many things. Therefore, to the question that today Jesus puts to us "Who do you say that I am?” the complete answer is "You are the Christ, the Love crucified and risen." In fact, St. Paul writes "If Christ had not risen, our faith would be in vain". He knew that the cross is not an obstacle to salvation, but it is the condition. "The Cross is not a pole of the Romans, but the wood on which God wrote the Gospel" (Alda Merini, 1931-2009, poetess). From Christ on the Cross the world receives a new dimension, that of Jesus and of all those who, following Him, give their lives for the others.

The Messiah invites us to follow him always up to Calvary because, by walking behind his Cross, we model our lives on the one of '"Lamb that teaches us the strength, of the Humiliated that gives lesson in dignity, of the Condemned that enhances justice, of the Dying that confirms life, and of the Crucified that prepares glory "(Father Primo Mazzolari, 1809-1959, priest and writer).

Following Christ and believing in Charity, we keep our arms and a heart open like the Crucifix. Of course, to do this we have to recognize, like St Peter, that Jesus is the Messiah, the Savior. Like St. Peter we have to accept the Cross as the “key" with which the Lord has opened the Heaven and closed hell for all those who receive him. The Redeemer took this heavy "Key" on his shoulders, felt its full weight and responsibility while its nails pierced his flesh and bound him to it. Christ has given the "key" of the Kingdom to St. Peter, calling him to be crucified with Him and to carry with him the sweet and light yoke on his shoulders so to learn the humility and the meekness with which “to untie" humanity from the bondage of the world, the flesh, and the devil and " to tie" them to Christ in an eternal covenant that will make them forever children of the Heavenly Father. In a poetic homily attributed to St. Ephrem the Syrian, the saint imagines that the good thief after his death comes to the door of paradise. On his shoulders he bear his cross. A cherubim, the one with a sword flickering like a flame (Gen 3:24) that blocks the access to Heaven of criminals who are not worthy of eternal joy, hastens. St Ephrem describes a heated argument between the cherubim and the good thief. It ends when the good thief shows the key to the gate of heaven. What is, then, the key to paradise? The cross, his cross transfigured by the life-giving Cross of our Lord Jesus Christ. The cross opens the door of life to all of us who believe in Jesus Christ like the good thief. "Jesus, remember me when you come into your kingdom." The life of Christ triumphs in all repentant sinners, even those of the last minute like the good thief.

We, the sinner of today, are called to understand that it is not only a matter of recognizing with our faith Christ as the sent by the Father, but to be his witnesses with a Christian life, which is the ability of loving up to the supreme sacrifice. 

 

 

 

2) True love, because crucified love.

Of course, like St Peter, we too try to remove Christ from the Way of the Cross. It is the temptation that comes from the devil. It is an attempt to divert us from the path outlined by God (the Way of the Cross) to replace it with a path drawn up by the wisdom of men, what is often referred to as the common sense.

Christ has unmasked and overcome this temptation, and his life was a constant yes to God and a no to the tempter. Jesus defeated the devil. But the devil tries to get from the disciple what he failed to obtain from the Master: to separate the Messiah from the Crucified and the faith in Jesus the King from his throne that is the Cross.

After stating his identity and having unmasked the presence of temptation, Jesus turns to his disciples and to the people and very clearly offers them his way. There are no two ways, one for Jesus and one for the disciples, but only one "Who wants to come after me must deny himself and take up his cross."

The cross is symbol and icon of virginal love. It is the more authentic synthesis of the received and donated love, of crucified love. In fact, nothing like the cross gives the certainty of being loved from ever, forever, totally and unconditionally. The true face of God is the one of the Crucified (Jurgen Moltaman). If we present Christ to the world with its true face, people can feel him like a convincing answer and are able to follow him and his message, even if it is demanding and marked by the cross.

It is true that the cross is "a stumbling block to Jews and folly to Gentiles" (1 Cor 1.18 to 24) and that it is difficult for each of us to understand and accept it. But if we look, for instance, at the example of the consecrated virgins in the world we are helped to understand, accept and live the cross.

Love lived virginally is a crucified love not because it is a mortified love, but because it is a "sacrificial" love, namely, made sacred by the total gift of oneself to God.  Virgin love is the love of Christ, who "practiced" a crucified love. For love, Jesus experienced progressively emptying himself up to the cross. If we want to love as Christians, we need to know it and do like Him. This way of love puts the other before me and the Other (God) above me. The cross is the greatest sign of the greatest love, and virginity is the crucifixion of oneself to give oneself to God, to be nailed to his love embracing Christ on the Cross.

The consecrated virgins are a significant and high example that God's love is totalitarian. You must love the Lord "with all your heart, with all your soul and with all your strength" (Mk 12, 30).

 These women show that a body and a heart chastely offered do not take man away from God but make the human being closer to God more than the angels (cf. Eph 1:14) and that Christian life is a progressive configuration to the crucified and risen Christ. In fact, as Christ's love for us led Him to the cross, our love for Him ingrains in us his wounds of love. Love purifies us and configures us in transfiguring us. It should be noted that compliance with the painful crucified Christ has the ultimate goal to bring the Christian to the joyful compliance with the risen Christ.

 Virginity is not simply a waiver, but it is the manifestation of fierce love for God and for the neighbor.  It is a love that transforms the lover into the Beloved. Virginity lived as crucifixion is bearing witness that Love, with the gift of self, has won. Virginity lived as resurrection is testifying that the Bridegroom is really present in everyday life and his condescending presence gives full and complete joy (see Jn 3:29). Virginity is freedom; it is a sign of a perfect love that has no impatience, envy, or jealousy and that, radiating joy, ensures peace.

These women give testimony that it is impossible not to try to be like Him and to bring into the world the joy of his presence.

 

 

 

 

Patristic Reading

Saint Augustine of Hyppo

Sermon XLVI. [XCVI. Ben.]

On the words of the gospel, Mc 8,34 “If any man would come after me, let him deny himself,” etc. 

 

1). Hard and grievous does that appear which the Lord hath enjoined, that “whosoever will come after Him, must deny himself.”1 But what He enjoineth is not hard or grievous, who aideth us that what He enjoineth may be done. For both is that true which is said to Him in the Psalm, “Because of the words of Thy lips I have kept hard ways.”2 And that is true which He said Himself, “My yoke is easy, and My burden is light.”3 For whatsoever is hard in what is enjoined us, charity makes easy. We know what great things love itself can do. Very often is this love even abominable and impure; but how great hardships have men suffered, what indignities and intolerable things have they endured, to attain to the object of their love? whether it be a lover of money who is called covetous; or a lover of honour, who is called ambitious; or a lover of beautiful women, who is called voluptuous. And who could enumerate all sorts of loves? Yet consider what labour all lovers undergo, and are not conscious of their labours; and then does any such one most feel labour, when he is hindered from labour. Since then the majority of men are such as their loves are, and that there ought to be no other care for the regulation of our lives, than the choice of that which we ought to love; why dost thou wonder, if he who loves Christ, and who wishes to follow Christ, for the love of Him denies himself? For if by loving himself man is lost, surely by denying himself be is found.

 

2. The first destruction of man, was the love of himself. For if he had not loved himself, if he had preferred God to himself, he would have been willing to be ever subject unto God; and would not have been turned to the neglect of His will, and the doing his own will. For this is to love one’s self, to wish to do one’s own will. Prefer to this God’s will; learn to love thyself by not loving thyself. For that ye may know that it is a vice to love one’s self, the Apostle speaks thus, “For men shall be lovers of their own selves.”4 And can he who loves himself have any sure trust in himself? No; for he begins to love himself by forsaking God, and is driven away from himself to love those things which are beyond himself; to such a degree that when the aforesaid Apostle had said,” Men shall be lovers of their own selves,” he subjoined immediately, “lovers of money.” Already thou seest that thou art without. Thou hast begun to love thyself: stand in thyself if thou canst. Why goest thou without? Hast thou, as being rich in money, become a lover of money? Thou hast begun to love what is without thee, thou hast lost thyself. When a man’s love then goes even away froth himself to those things which are without, he begins to share thevanity of his vain desires, and prodigal as it were to spend his strength. He is dissipated, exhausted, without resource or strength, he feeds swine; and wearied with this office of feeding swine, he at last remembers what he was, and says, “How many hired servants of my Father’s are eating bread, and I here perish with hunger!”5 But when the son in the parable says this, what is said of him, who had squandered all he had on harlots, who wished to have in his own power what was being well kept for him with his father; he wished to have it at his own disposal, he squandered all, he was reduced to indigence: what is said of him? “And when he returned to himself.” If“he returned to himself,” he had gone away from himself. Because he had fallen from himself, had gone away from himself, he returns first to himself, that he may return to that state from which he had fallen away by falling from himself. For as by falling away from himself, he remained in himself; so by returning to himself, he ought not to remain in himself, lest he again go away from himself. Returning then to himself, that he might not remain in himself, what did he say? “I will arise and go to my Father.”6 See, whence he had fallen away from himself, he had fallen away from his Father; he had fallen away from himself, he had gone away from himself to those things which are without. He returns to himself, and goes to his Father, where he may keep himself in all security. If then he had gone awayfrom himself, let him also in returning to himself,from whom he had gone away, that he may “go to his Father,” deny himself. What is “deny himself”? Let him not trust in himself, let him feel that he is a man, and have respect to the words of the prophet, “Cursed is every one that putteth his hope in than.”7 Let him withdraw himself from himself, but not towards things below. Let him withdraw himself from himself, that he may cleave unto God. Whatever of good he has, let him commit to Him by whom he was made; whatever of evil he has, he has made it for himself.The evil that is in him God made not; let himdestroy what himself has done, who has beenthereby undone. “Let him deny himself,” He saith, “and take up his cross, and follow Me.”

 

3. And whither must the Lord be followed? Whither He is gone, we know; but a very few days since we celebrated the solemn memorial of it. For He has risen again, and ascended into heaven; thither must He be followed. Undoubtedly we must not despair of it, because He hath Himself promised us, not because man can do anything. Heaven was far away from us, before that our Head had gone into heaven. But now why should we despair, if we are members of that Head? Thither then must He be followed. And who would be unwilling to follow Him to such an abode? Especially seeing that we are in so great travail on earth with fears and pains. Who would be unwilling to follow Christ thither, where is supreme felicity, supreme peace, perpetual security? Good is it to follow Him thither: but we must see by what way we are to follow. For the Lord Jesus did not say the words we are engaged in, when He had now risen from the dead. He had not yet suffered, He had still to come to the Cross, had to come to His dishonouring, to the outrages, the scourging, the thorns, the wounds, the mockeries, the insults, Death. Rough as it were is the way; it makes thee to be slow; thou hast no mind to follow. But follow on. Rough is the way which man has made for himself, but what Christ hath trodden in His passage is worn smooth. For who would not wish to go to exaltation? Elevation is pleasing to all; but humility is the step to it. Why dost thou put out thy foot beyond thee? Thou hast a mind to fall, not to ascend. Begin by the step, and so thou hast ascended. This step of humility those two disciples were loth to have an eye to, who said, “Lord, bid that one of us may sit at Thy right hand, and the other at the left in Thy kingdom.”8 They sought for exaltation, they did not see the step. But the Lord showed them the step. For what did He answer them? “Ye who seek the hill of exaltation, can ye drink the cup of humiliation?” And therefore He does not say simply, “Let him deny himself, and follow Me” howsoever: but He said more, “Let him take up his cross, and follow Me.”

 

 

 

Reconnaitre le Christ requiert la foi et la simplicité.

XXIV dimanche du Temps Ordinaire - Année B - 15 septembre 2024

Rite romain

Est 50,5-9a; Ps 114; Jas de 2,14 à 18; Mc 8,27 - 35

 

Rite Ambrosien

Est de 32,15 à 20; Ps 50; Rm 5,5b-11; Jn 3,1 - 13

Troisième dimanche après le martyre de Saint Jean le Précurseur.

 

 

            1) Reconnaitre le Christ.

            L'ensemble de l’Evangile de Saint Marc a comme but ce de répondre à la question: « Qui est-ce Jésus ? ». Mais dans le récit que nous lisons aujourd’hui est le même Jésus qui d’une façon  explicite pose la question: « Qui dites-vous que je suis? » et donc nous aussi sommes obligés de répondre.

            Dans les chapitres précédents qui nous ont été proposé au cours des derniers dimanches, Jésus n'a pas répondu à cette question avec une définition de lui-même, mais avec des actions qui manifeste ce qu’ il est par ce qu’il fait:

 

• il fait marcher les boiteux, c’est à dire il est Celui qui donne à l'homme la capacité de marcher dans la vie;

• il fait entendre les sourds et parler les muets,  c’est à dire il est Celui qui a paroles de vie, qui expliquent la vie;

• il fait ressusciter les morts, c’est à dire il est le Donateur de la vie;

• il fait voir la vue à les aveugles, c’est à dire il est la Lumière qui éclaire, qui fait venir à la lumière;

• il fait calmer les eaux de la mer, c’est à dire Lui, il est le Seigneur de la nature;

• il fait (il donne) le pain dans le désert, c’est à dire il est Celui qui nourrit corps et âme.

            

            La conclusion que nous devrions en tirer en  voyant « faire », devrait être celle de dire: « Il est le Messie (en grec: le Christ) ». Malheureusement, les gens de cette époque-là, mais beaucoup de monde encore aujourd'hui, n’a pas saisi la nouveauté et de la grandeur de Jésus, de sorte que à la question « Qui disent que je suis », la réponse de la majorité est que ce « faiseur » est rien de plus que un prophète comme ceux qui l’avaient précédé. Alors Jésus pose cette question à ses disciples: « Et qui dites-vous que je suis? ». Pierre, aussi au nom des autres, répond promptement: « Tu es le Christ! ». Pierre reconnaît clairement que Jésus est le Messie. Il donne une réponse est exacte. Il n’y a pas d'autre réponse. Le Christ mort et ressuscité est celui dans lequel l'impossible, l'impensable s’et accompli, le seul fait que peut changer le cours de l'histoire humaine. Sans lui, l'homme est un « être pour la mort » (Martin Heidegger), mais s’il est « liée » à la Croix, il est « libéré des liens » de la mort

            Il faut rappeler que la réponse de Saint-Pierre implique une reconnaissance supplémentaire: celle de l’amour crucifié. La logique de la croix « ce n’est pas avant tout celle de la douleur et de la morte, mais celle de l’amour et du don de soi qui conduit à la vie (Pope François). 

C’est le chemin de la Croix qui complète le discours en le clarifiant. Lorsque le Chef des Apôtres dit: à Jésus : « Tu es le Christ », le Messie ressent le besoin de souligner qu’il est le Fils de Dieu, qui doit souffrir beaucoup. Donc à la question que aujourd’hui Jésus fait à nous: « Qui dites-vous que je suis? », la réponse complète est : « Tu es le Christ, l'Amour crucifié et ressuscité ». En effet, Saint Paul écrit: « Si le Christ était pas ressuscité, notre foi serait vaine », mais il savait que la croix est pas un obstacle au salut. Elle est la condition. "La Croix n’est pas un pôle des Romains, mais le bois sur lequel Dieu a écrit l'Evangile" (Alda Merini, 1931 à 2009, femme poète  de Milan). Par le Christ sur la croix le monde reçoit une nouvelle dimension, celle de Jésus et de tous ceux qui donnent leur vie pour les autres, en le suivant.

            Le Messie invite à le suivre toujours jusqu’au Calvaire, parce que la marche derrière sa Croix nous modèle notre vie sur celle « de l’Agneau qui nous enseigne que la forteresse, de l’Humilié qui donne leçon de dignité, du Condamnés qui exalte la justice, du Mourant qui confirme la vie, du Crucifié qui prépare la gloire » (P. Primo Mazzolari, 1809-1959, prêtre et écrivain de Cremone - Italie)

            En suivant le Christ et en croyant à sa Charité, gardons les bras desserrés et le cœur ouvert comme le Crucifié. Bien sûr, pour faire ça, comme saint Pierre, nous devons reconnaître Jésus comme le Messie, le Sauveur. Comme saint Pierre, nous devons accepter la croix comme « clé » avec laquelle le Seigneur a ouvert le ciel et fermé  l’enfer pour tous ceux qui le reçoivent. Cette lourde «  clé »  a été prise par le Rédempteur sur ses épaules, il a senti le poids et la responsabilité lors que les clous ont percé sa chair et la  lièrent à elle. Cette « clé » du Royaume le Christ l’a donné à saint Pierre, en l’appelant à être crucifié avec Lui, à porter ce joug doux et léger sur ses épaules comme Lui, à apprendre l’humilité et la douceur avec laquelle « délayer » les hommes de l’esclavage du monde, de la chair et du  diable, et ainsi les « lier » à Christ dans une alliance éternelle qui les fasse enfants de notre Père céleste pour toujours. 

            Dans l'homélie poétique attribuée à saint Ephrem le Syrien, ce saint imagine que le bon larron après sa mort arrive à la porte du paradis. Sur ses épaules, il porte sa croix. Un chérubin se hâte avec une épée qui scintille  comme une flamme (Gn 3,24) pour bloquer l'accès au Paradis de la part des criminels au Paradis, qui ne sont pas dignes de la joie éternelle. Il n’y a pas des exceptions. Saint Ephrem décrit une violente dispute entre le chérubin et le bon larron. Elle termine lorsque le bon larron montre la clé de la porte du Paradis. Et quelle est la clé du Paradis? La croix, sa croix transfigurée par la vivifiante Croix de notre Seigneur Jésus-Christ. Croix ouvre la porte de la vie à nous  tous qui croyions en Jésus-Christ, comme le bon larron: « Jésus, souviens de moi quand tu entreras dans ton règne ». La vie du Christ triomphe dans tous les pécheurs repentis même ceux de la dernière minute, comme le bon larron.

            Nous, pêcheurs repentis d’aujourd’hui, nous sommes appelés à comprendre qu’il ne s’agit pas seulement dans la fois de reconnaitre le Christ comme l’envoyé du Père, mais de le témoigner par une digne conduite de vie chrétienne, c’est-à-dire par la capacité de aimer jusqu’au suprême sacrifice.     

 

            2) Le amour véritable, parce que crucifié.

            Bien sûr, comme Saint Pierre nous aussi essayons d’éloigner le Christ du Chemin la Croix. La tentation, qui vient du diable, est une tentative de détourner de la voie tracée par Dieu (la Voie de la Croix) pour la remplacer par un itinéraire établi par la sagesse des hommes, par ce qui est souvent désigné comme le bon sens, le sens commun.

            Christ a démasqué et surmonter cette tentation et sa vie était un constante « oui » à Dieu et un « non » au tentateur. Jésus a vaincu le diable. Mais le diable tente d'obtenir du disciple ce qu'il n'a pas réussi à obtenir du Maitre : séparer le Messie de la Croix, disjoindre la foi en Jésus-Roi de son trône qui est la Croix.

            Après avoir précisé son identité et avoir démasqué la présence de la tentation, Jésus s’adresse à ses disciples et aux autres personnes et, d’une façon très claire, leur propose son même chemin. Il n’y pas  deux chemins, l’un pour Jésus et l’autre pour les disciples, mais un seul: « Qui veut venir après moi qu'il renonce à lui et prendre sa croix ».

            La croix est un symbole et icône de l’amour virginale. Elle est la synthèse la plus vraie de l’amour reçu et donné, de l’amour crucifié. En effet,  rien comme la Croix donne la certitude d'être aimé, de toujours e pour toujours, totalement et inconditionnellement. Le vrai visage de Dieu est ce du Crucifié (Jurgen Moltman). Donc, si nous lui présentons le Christ le monde avec son vrai visage, les gens peuvent le sentir comme une réponse convaincante et sont capables de suivre Lui et son message de suivi, même s’il est exigeant et marqué par la croix.

            Il est vrai que la croix est « une pierre d'achoppement pour les Juifs et folie pour les païens » (1 Cor 1,18-24) et qu’il est difficile pour chacun d’entre nous de la comprendre et l’accepter. Mais si nous regardons, par exemple, l'exemple des vierges consacrées dans le monde nous sommes aidé à comprendre, à accepter et à vivre la croix.

            Amour vécu d’une façon virginal est un amour crucifié non pas parce qu'il est un amour mortifié, mais parce que l'amour « sacrifié »», c’est à dire qui est rendu sacrée par le don total de soi à Dieu. L'amour vierge est ce du Christ, qui « pratiqua » un amour crucifié. Pour aimer Jésus est allé à l'expérience de la vidange progressive de soi-même jusqu’à la croix. Si nous voulons aimer en chrétiens, nous devons le savoir et faire comme lui. Cette façon d’aimer met l'autre avant moi et l'Autre (Dieu) plus que moi. La croix est le plus grand signe du plus grand amour, et la virginité est la crucifixion de soi-même pour se donner à Dieu, pour s’enclouer à son amour embrassant le Christ sur la Croix.

            Les vierges consacrées sont un exemple aussi importants et haute du fait que l'amour de Dieu est « totalitaire », car le Christ di à chacun de nous que il faut aimer le Seigneur « de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force» (Mc 12,30). Ces femmes montrent que le corps et le cœur chastement offerts n’éloignent pas loin de Dieu. Le cœur et le corps chastes approchent l'être humain à Dieu, plus que les anges (cf. Eph 1,14), et que la vie chrétienne est une constante et progressive configuration au Christ crucifié et ressuscité. En effet,  comme l'amour du Christ pour nous l’a conduit à la croix, notre amour pour Lui imprime ses blessures d'amour (Ct 2,5). L’amour purifie  et configure, en transfigurant. Mais il convient de noter que la conformité  douloureuse avec le Christ crucifié a comme le but ultime d’amener le chrétien à la conformité joyeuse avec Lui ressuscité. La virginité n’est pas simplement une renonciation, mais il est la manifestation de l’amour ardent pour Dieu et pour le prochain. Amour qui transforme l’amant dans l’Aimé. La virginité vécue comme crucifixion est pour témoigner que l'amour a gagné à travers le don de soi. La virginité vécue comme résurrection témoigne que l'Époux est réellement présent dans la vie quotidienne de son Eglise et sa présence condescendant donne la joie, la joie pleine et entière (cf. Jn 3,29). La virginité est liberté, elle est un signe de l’amour parfait, qui n'a pas d'impatience, ni d’envie, ni de jalousie, et assure la paix en rayonnant de joie. Ces femmes témoignent qu’il est Impossible d’aimer et de ne pas chercher de lui rassembler et d’amener la joie de sa présence dans la vie dans le monde.  

 

 

 

Lecture Patristique

Homélie de saint Césaire d'Arles (+ 543)

Sermon 159, 1 4-6; CCL 104, 650.652-654.

 

Quand le Seigneur nous dit dans l'évangile: Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même (Mc 8,34), nous trouvons qu'il nous commande une chose difficile et nous considérons qu'il nous impose un lourd fardeau. Mais si celui qui commande nous aide à accomplir ce qu'il commande, cela n'est pas difficile. <>

 

Où devons-nous suivre le Christ, sinon là où il est allé? Or, nous savons qu'il est ressuscité et monté aux cieux: c'est là que nous avons à le suivre. Il ne faut certainement pas nous laisser envahir par le désespoir, car, si nous ne pouvons rien par nous-mêmes, nous avons la promesse du Christ. Le ciel était loin de nous avant que notre Tête y soit montée. Désormais, si nous sommes les membres de cette Tête, pourquoi désespérer de parvenir au ciel? Pour quel motif? S'il est vrai que sur cette terre tant d'inquiétudes et de souffrances nous accablent, suivons le Christ en qui se trouvent le bonheur parfait, la paix suprême et l'éternelle tranquillité.

 

Mais l'homme désireux de suivre le Christ écoutera cette parole de l'Apôtre: Celui qui déclare demeurer dans le Christ doit marcher lui-même dans la voie où lui, Jésus, a marché (1Jn 2,6). Tu veux suivre le Christ? Sois humble, comme il l'a été. Tu veux le rejoindre dans les hauteurs? Ne méprise pas son abaissement.

 

En péchant, l'homme avait couvert sa route d'obstacles, mais celle-ci fut aplanie lorsque le Christ l'eut foulée à sa résurrection et qu'il eut fait d'un étroit sentier, une avenue digne d'un roi. L'humilité et la charité sont les deux pieds qui permettent de la parcourir rapidement. Tous sont attirés par les hauteurs de la charité, mais l'humilité est le premier degré qu'il faut monter. Pourquoi lèves-tu le pied plus haut que toi? Tu veux donc tomber et non monter? Commence par la première marche, c'est-à-dire l'humilité, et déjà elle te fait monter.

 

Voilà pourquoi notre Seigneur et Sauveur ne s'est pas borné à dire: Qu'il renonce à lui-même, mais il a ajouté: Qu'il prenne sa croix et qu'il me suive (Mc 8,34). Que signifie: Qu'il prenne sa croix? Qu'il supporte tout ce qui lui est pénible, c'est ainsi qu'il marchera à ma suite. Dès qu'il aura commencé à me suivre, en se conformant à ma vie et à mes commandements, il trouvera sur son chemin bien des gens qui le contrediront, qui chercheront à le détourner, qui non seulement se moqueront de lui, mais le persécuteront. Ces gens-là ne se trouvent pas uniquement parmi les païens qui sont hors de l'Église; il s'en trouve même parmi ceux qui semblent être dans l'Église, si on les juge de l'extérieur. Mais ils lui sont bel et bien étrangers, en raison de leurs actions mauvaises.

 

Tout en se glorifiant du seul nom de chrétien, ils persécutent sans cesse les bons chrétiens. <> Dès lors, si tu désires suivre le Christ, porte sa croix sans plus attendre et supporte les méchants sans te laisser abattre. <>

 

Le Seigneur a dit: Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive. Si donc nous voulons mettre ceci en pratique, efforçons-nous, avec l'aide de Dieu, de faire nôtre cette parole de l'Apôtre: Lors donc que nous avons nourriture et vêtement, sachons être satisfaits. Il est à craindre que si nous recherchons plus de biens terrestres qu'il ne nous en faut, dans l'intention de nous enrichir, nous ne tombions dans la tentation, dans le piège du démon, dans une foule de convoitises insensées et funestes, qui plongent l'homme dans la ruine et la perdition (1Tm 6,8-9).

 

Daigne le Seigneur nous prendre sous sa protection et nous délivrer de cette tentation, lui qui vit et règne avec le Père et l'Esprit Saint dans tous les siècles des siècles. Amen.