giovedì 1 maggio 2025

Le Christ ressuscité nous invite à pêcher et à manger avec Lui.

IIIème  Dimanche de Pâques  - Année C – 4 mai 2025

 

Rite romain

Ac 5, 27b-32, 40b-41; Ps 29; Ap 5, 11-14; Jn 21, 1-19

Christ est l’amour qui demande à être suivi.

 

Rite ambrosien

Ac 28,16-28; Ps 96; Rm 1,1-1-16b; Jn 8,12-19

Christ est lumière de charité pour le monde.

 

 

Avant-propos :

Pour expliquer le récit de l’Evangile d’aujourd’hui, j’utilise l’Anneau du Pêcheur. Depuis le premier millénaire chrétien, l'anneau a été l’insigne propre de l'évêque. L’Anneau qui est donné au Pape le jour du début de son ministère pétrinien, est appelé l’Anneau du Pêcheur qui a l’image-sceau de saint Pierre et de sa barque avec un filet. Cet anneau a la signification particulière de l’Anneau qui authentifie la foi et signifie le devoir confié à Pierre de confirmer ses frères (cf. Lc 22,32). On l’appelle l’Anneau du Pêcheur parce que Pierre est l’Apôtre-pêcheur (cf. Mt 4, 18-19 ; Mc 1, 16-17) qui, ayant eu foi en la parole de Jésus (cf. Lc 5, 5), a tiré du bateau les filets de la pêche miraculeuse sur terre (cf. Jn 21, 3-14).

La mission du Christ devient celle de son Vicaire et aussi la nôtre qui reconnaissons filialement au Pape la primauté de l’amour : tirer nos frères et sœurs de la mort. L’aspect institutionnel de l’Eglise, représentée par Pierre, est fondé sur l’amour et le pardon accepté et accordé. L’aspect charismatique, représenté par le disciple bien-aimé, est l'âme et la mesure de chaque institution : c’est l’amour qui vit pour toujours. Tout le reste est « fonctionnel » : à accepter ou à rejeter selon qu’il sert ou non à aimer. L'Église a pour principe et fin la liberté d’aimer.

La messe « en communion avec le Pape est un mémorial de l'immense amour

de ton Fils, que toute la famille humaine, par l'action missionnaire de l'Église, goûte le fruit de la rédemption » (Oraison sur les offrandes, Messe au début du Pontificat).

Ce qui vaut pour la première communauté chrétienne réunie autour de Jésus et appelée par lui à témoigner de la miséricorde de Dieu en apportant la conversion et le pardon à « toutes les nations »,  est valable pour l’Église actuelle. Aujourd’hui encore, la vocation de l'Église est de faire resplendir dans le monde le visage miséricordieux de Dieu, d’apporter la paix du Christ ressuscité à une humanité qui n’est jamais répudiée, mais assumée avec toutes ses blessures et ressuscitée par la joie du pardon.

 

1) Le Christ ressuscité est toujours présent parmi les siens.

Il y a trois dimanches, à Pâques, le premier de tous les dimanches, nous avons fêté la victoire du Verbe de Vie qui est lumière. Cette lumière a vaincu les ténèbres et c’est le début d’une vie qui n’est pas soumise à l’usure du temps parce qu’elle est transposée dans la jeunesse éternelle de Dieu.

Nous avons célébré la victoire de l’Amour qui est plus fort que la mort et que le péché qui  fait entrer dans le monde, la mort et ses ténèbres.

            Dimanche dernier, le 2ème dimanche de Pâques, les récits évangéliques nous ont rappelé la tendresse de Jésus envers Thomas, son disciple passionné mais absent lors de la première apparition du Ressuscité au cénacle. Devant la présence concrète du Rédempteur, cet apôtre a reconnu le Christ, et a prononcé les paroles les plus belles et les plus splendides de la foi chrétienne : "Mon Seigneur, Mon Dieu". Jésus regarda Thomas avec ses yeux pleins de miséricorde. Ensuite, avec un regard de sérénité et de confiance qui donne courage et audace, qui dégage  passion et force irrésistible, il invita  tous les Apôtres à aller jusqu'aux frontières extrêmes de la terre pour annoncer l’Evangile : la nouvelle la plus belle et la meilleure dont l’homme de tous les temps et de tous les lieux a besoin absolu.

            En ce troisième dimanche de Pâques, Jésus manifeste sa propre présence à certains Apôtres pour les confirmer dans la vocation d’être embarqués dans et par l’amour infini, miséricordieux et fidèle, comme les poissons « embarqués » du fait de cette pêche extraordinaire, dont l’évangile d'aujourd'hui nous parle. Ce n'est pas seulement une apparition pour les confirmer dans la certitude de sa résurrection, mais c'est aussi une reprise de la mission d'être des pêcheurs d'hommes. A travers les apparitions, Jésus manifeste une présence sainte et fidèle. Aujourd'hui, comme avant, il nous invite à rester avec lui, sur  le rivage du lac (cf. Jn 21,4).

            Par sa présence, il démontre que l’Amour donné gagne sur la mort pour lui-même et pour ses amis, Judas compris. N’oublions pas que, lorsque Judas est allé trahir le Christ, celui-ci fut appelé par Jésus "Ami". Comment ne pas penser que cette parole n’ait pas transpercé en bien le cœur du traitre ? Peut-être qu’au dernier moment, en se souvenant de cette parole et du baiser accepté par Jésus, ce même Judas a perçu que Jésus l’aimait encore et qu’il le recevait avec les siens dans l’au-delà.

            Lors de la dernière cène, Jésus dit à tous les Apôtres : "je ne vous appelle plus serviteurs, mais amis" (Jn 15,15). Jésus nous fait aussi ce don de nous appeler "amis". Nous sommes réellement ses amis. Jésus nous parle d’ami à amis et nous demande de nous aimer les uns les autres, présentant son amour comme la source, le modèle et la mesure de notre  amour fraternel  partagé (cf. Jn 15,12). En bref, nous pouvons dire que le Ressuscité invite ses Apôtres et, aujourd’hui, nous aussi, à rester avec lui. Il faut rester avec lui, greffés à lui comme les sarments à la vigne pour avoir sa Vie, « il faut rester avec Jésus pour pouvoir rester avec les autres » (Benoît XVI, à la Fraternité sacerdotale Saint-Charles Borromée le 13 février 2011). Le Pape François complète cet enseignement  en invitant à choisir de faire confiance à Jésus. Pierre lui dit : « D’accord: sur ta parole, je vais jeter les filets ». « Attention ! - explique le Pape François - Pierre ne dit pas : sur mes forces, sur mes calculs, sur mon expérience de pêcheur expert, mais « sur ta parole », sur la parole de Jésus ! Et le résultat est une pêche incroyable ». Le Pape ajoute : « Il faut avoir confiance en Jésus. Et quand je dis cela, (...) Je ne viens pas ici pour vous vendre une illusion. Je viens ici pour dire : il y a une Personne qui peut te porter en avant : fais-Lui confiance ! C'est Jésus ! Faites confiance à Jésus ! Et Jésus n'est pas une illusion !" (à Cagliari, le 22 septembre 2017).

En restant avec lui, nous partageons l’Amour qui dure toujours et pour tout le monde.

 

2) Le pouvoir qui naît de le l’amour : m’aimes-tu?...je t’aime bien...fais paître mes agneaux.

            Après le repas où les Apôtres ont mangé le pain offert par le Ressuscité et le poisson grillé résultant de la pêche exceptionnelle, commence le dialogue entre Jésus et Pierre. Jésus lui rappelle sa trahison, sa défection. Il a suffit qu’une servante pose des questions pour que Pierre s’écroule et se ridiculise. Pour Pierre, ce souvenir est douloureux. Mais Jésus ne lui demande aucune explication, aucune excuse. Il lui demande uniquement s’il l’aime.  Que son nouveau Pontife soit fort et cohérent n’intéresse pas Jésus. Ce qui l’intéresse, c’est de savoir s’il l’aime et s’il désire encore le suivre. Celui qui sera l'Evêque de Rome, qui préside la charité, reçoit sa charge par un "examen" sur la charité. A Pierre qui lui offrait sa douleur, le Christ donne la confirmation de son amour. Le chemin de la sainteté  ne consiste pas en n’avoir jamais trahi, mais consiste en le renouvellement de notre amitié pour le Christ, chaque jour.

            Dans le récit évangélique d’aujourd’hui, les trois questions de Jésus sont toujours différentes, parce que Jésus s’adapte aux réponses de Pierre.

            -  A la 1ère question : « M’aimes-tu  (en grec agapas me da agapào) plus que tous? », Pierre répond, mais en éludant les termes précis de Jésus : en fait, Jésus utilise un verbe rare, celui de l’agape, le verbe sublime de l’amour absolu, de l’amour d’oblation. Par contre, Pierre répond avec un verbe humble, quotidien, celui de l’amitié et de l’affection (en grec filèo) : je t’aime bien (filo se). Il ne compare pas avec les autres.

            - Voici la 2ème question : Simon, fils de Jean, m’aimes-tu? (agapàs me)? Jésus comprend la difficulté de Pierre et en demande moins : non plus la comparaison avec les autres mais il conserve la demande de l'amour absolu (agàpe). Pierre répond encore oui, mais il le fait comme s’il  n’avait pas  bien compris, utilisant encore son verbe (filèo), plus sécurisant, humain, le nôtre : je suis ton ami, tu le sais, je t’aime bien. Il n’ose pas parler d’amour, il s’agrippe à l’amitié, à l’affection.

            - A la 3ème question, Jésus change de verbe, il baisse l’exigence à laquelle Pierre n’arrive pas à répondre. Il se rapproche de son cœur incertain, il en accepte les limites et adopte son verbe : Pierre, m’aimes-tu bien? (fileìs me de fileo)? Il lui demande l’affection, si  c’est trop de demander l’amour ; il lui demande au moins l’amitié, si l’amour fait peur; il demande simplement un peu de bien.

Jésus démontre son amour en baissant par trois fois les exigences de l’amour, en adaptant son pas sur le pas plus lent du disciple, comme sur la route vers Emmaüs. Enfin, Jésus accepte que Pierre l’aime comme Pierre pense qu’il est possible pour lui de l’aimer. Comme Il sait que Pierre l’aime réellement et totalement, Jésus lui confie "la primauté de l’amour pour faire paître l’Eglise ",  il lui met sur ses épaules le pouvoir qui vient de la charité (agàpe).

            Pierre, qui a su reconnaître sa propre pauvreté et recevoir l’amour du Christ, pourra servir, faire paître ses frères, pauvres, nécessiteux d’amour et de vérité. Pierre est prêt: Il pourra aider ses frères pauvres, maintenant qu’il a accepté sa pauvreté. Il a mendié l’amour du Seigneur qui l’invite à le suivre, toujours.

Même les vierges consacrées « imitent » ce dialogue lors de l’appel de l’Evêque pendant le rite de consécration : (n°14 du rituel de consécration) L’Evêque s’adresse à la candidate en disant : « Le Seigneur vous appelle à le suivre (avancez à sa rencontre) ».

La candidate répond : « Me voici, Seigneur puisque tu m’as appelée »  ou encore « me voici pour m’attacher au Seigneur sans partage ».

 

            3. Et nous?

            A Pierre, et à chacun de nous, Jésus adresse la parole finale de l’Evangile romain d'aujourd'hui : "suis-moi". Nous suivons le Christ derrière Pierre, en n'oubliant pas un fait significatif : Jésus-Christ apparaît en premier lieu aux femmes, ses fidèles « suiveuses» et non aux disciples qu' il avait choisis comme porteurs de son Evangile dans le monde.

Il confie avant tout  aux femmes le mystère de sa résurrection, les rendant  premiers témoins de cette vérité. Peut-être veut-il récompenser leur délicatesse, leur sensibilité à son message, leur force qui les avait portées jusqu' au Calvaire. Peut-être veut-il manifester un trait exquis de son humanité, la gentillesse avec laquelle il s’approche des personnes les moins considérées dans le grand monde ce temps là. Ceci ressort du texte de Mathieu (28,9-10) : « Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : Je vous salue. Elles s’approchèrent et, lui saisissant les pieds, elles se prosternèrent devant lui. Alors, Jésus leur dit : soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée, c’est là qu’ils me verront. »

Même l'épisode de l'apparition à Marie Madeleine (Jn 20,11-18) est d'une extraordinaire finesse aussi bien de la part de cette femme qui exprime tout son dévouement passionné et sobre envers le maître que de la part de celui-ci qui lui la traite avec une délicatesse exquise et bienveillante. L’Eglise devra donner importance au fait que le Christ a donné cette préséance aux femmes pendant les évènements pascals. Elle devra continuer à s’appuyer sur elles pour sa vie de foi, de prière et d’apostolat. 

A mon avis, les vierges consacrées nous donnent l'exemple de cette vie offerte à Dieu dans la consécration qui rend l'amour achèvement de la foi (Gal 5,6). Ce que St Augustin dira dans une de ses pensées mémorables : « Ceci veut finalement dire : croire dans le Christ est aimer le Christ » (Hoc est enim credere in Christum, diligere Christum" in Enarr. In Ps. 130,1; PL37, 1704). A l'exemple de leur vie, les vierges  consacrées nous montrent aussi que l'Amour de Dieu nous pousse à transférer cet amour à nos frères et sœurs.

“Par leur vocation particulière, les femmes qui reçoivent la consécration virginale dans l’Église puisent aussi à ce mystère : pour l’amour du Christ aimé au-dessus de tout, elles renoncent à l’expérience du mariage humain pour lui être unies par un lien sponsal, pour expérimenter et témoigner dans la condition virginale (1 Co 7, 34) de la fécondité d’une telle union, et pour anticiper la réalité de la communion définitive avec Dieu à laquelle l’humanité entière est appelée (Lc 20, 34-36) » (Congrégation  pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés De Vie Apostolique Instruction sur l’Ordo Virginum Ecclesiae Sponsae Imago, N. 18, 8 Juin 2018)

 

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Conseil pratique:

Je propose de répéter souvent cette belle prière de St Augustin : "Garde, Seigneur, nos cœurs unis pour toujours, pour que, en te suivant, toi seul,  le long du chemin, notre affection devienne charité"

(Custodi, Domine, animas nostras in perpetuo iunctas, ut te solum  sequentes in via dilectio nostra caritas fieri posset).

 

LECTURE PATRISTIQUE

Saint-Augustin d’Hyppone

DISCOURS SUR LE PSAUME 130. 


SERMON AU PEUPLE :

L’humilité chrétienne et le lien entre foi et amour. 


source: http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/augustin/index.htm

 

« Ce psaume nous recommande l’humilité du fidèle serviteur de Dieu, qui le chante, et qui est le corps entier du Christ. Souvent, en effet, j’ai fait remarquer à votre charité que ce n’est point un seul homme qui parle, mais tous ceux qui forment le corps du Christ. Et comme ils sont tous réunis dans ce même corps, ce n’est en quelque sorte qu’un seul homme qui parle, et ce seul homme est en même temps plusieurs; car, quoique plusieurs en eux-mêmes, ils sont un en celui qui est un. Or, c’est lui qui est ce temple de Dieu, dont l’Apôtre a dit : « Le temple de Dieu est saint, et vous êtes ce temple 1 » c’est-à-dire tous ceux qui croient en Jésus-Christ, et qui croient en lui de manière à l’aimer. Car croire au Christ, c’est aimer le Christ : non comme les démons croyaient 2, mais sans l’aimer; et cette foi néanmoins ne les empêchait point de dire « Qu’y a-t-il entre « vous et nous, ô Fils de Dieu 3? » Pour nous, que notre foi soit de nature à croire en lui, à l’aimer, sans dire « Qu’y a-t-il entre vous et « nous, ô Fils de Dieu? » mais de manière à dire : Nous sommes à vous, qui nous avez rachetés. Tous ceux qui ont cette foi sont comme des pierres vivantes, qui forment le temple de Dieu 1 ; comme ces bois incorruptibles dont fut façonnée cette arche que ne purent submerger les eaux du déluge 2. C’est dans ce temple, c’est-à-dire dans ces hommes, que l’on offre à Dieu des prières qu’il exauce. Quiconque prie le Seigneur hors de son temple, n’est point exaucé en ce qui regarde la paix de la Jérusalem d’en haut, bien qu’il soit exaucé quelquefois quant aux biens temporels, que Dieu donne même aux païens. Les dénions aussi furent exaucés, et purent entrer dans les pourceaux 3. Mais être exaucé quant à la vie éternelle est bien différent, et Dieu n’accorde cette faveur qu’à ceux qui prient dans le temple de Dieu. Or, celui-là prie dans le temple de Dieu, qui prie dans la paix de l’Eglise, dans l’unité du corps du Christ, et ce corps du Christ est formé de tous ceux qui ont la foi sur toute la surface de la terre; et il est exaucé précisément parce qu’il prie dans son temple. Car il prie en esprit et en vérité, puisqu’il prie dans la paix de l’Eglise 4, et non dans un temple matériel qui n’en est que la figure. 

1. I Cor. III, 17. - 2. Jacques, II, 19. - 3. Matth. VIII 29. - 4. I Pierre, II, 5.

 

DISCOURS SUR LE PSAUME 149

Le nouveau Cantique ou l’Evangile de l’Amour

 

1. Louons Dieu, mes frères, et par la voix, et par l’intelligence, et par les bonnes actions; et d’après l’exhortation du psaume, chantons-lui un cantique nouveau. Car c’est ainsi qu’il commence: « Chantez au Seigneur un nouveau cantique 1». Le vieux cantique est celui du vieil homme, le nouveau cantique, celui de l’homme nouveau. Au vieux Testament le vieux cantique; au nouveau Testament le nouveau cantique; comme au vieux Testament les promesses temporelles et terrestres. Quiconque aime les choses d’ici-bas, aime le vieux cantique; pour chanter le cantique nouveau, il faut aimer les choses de l’éternité. Quant à l’amour lui-même, il est  nouveau et néanmoins éternel; dès lors qu’il ne vieillit point, il est toujours nouveau. A le bien considérer, il est ancien, et dès lors comment peut-il être nouveau ? Quoi donc, mes frères, la vie éternelle a-t-elle commencé tout récemment? La vie éternelle, c’est le Christ, et, comme Dieu, le Christ n’a point commencé; car, « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu; voilà ce qui était en Dieu au commencement. Tout a été fait par lui, et sans lui rien n’a été fait 1 ». Si les choses faites var lui sont anciennes, que peut être celui qui les a faites ? Que peut-il être, sinon éternel et coéternel au Père ? Mais nous qui sommes tombés dans le péché, nous tombons aussi dans la vieillesse. Car c’est nous qui parlons dans ce même psaume, où il est dit avec gémissement : « J’ai vieilli au milieu de mes ennemis 1 ». L’homme est vieilli par le péché, il est rajeuni par la grâce. Qu’ils chantent dès lors un cantique nouveau, ceux qui sont renouvelés dans le Christ, commençant ainsi d’appartenir à la vie éternelle.

2. Et ce cantique est celui de la paix, le cantique de l’amour. Quiconque se sépare de l’assemblée des saints, ne chante pas le cantique nouveau. Il s’attache en effet à la haine qui est antique, et non à l’amour qui est nouveau. Que trouvons-nous dans l’amour nouveau, sinon la paix, le lien d’une société sainte, une union spirituelle, un édifice de pierres vivantes? Où rencontrer cela ? Non point dans un seul endroit, mais dans l’univers entier. Ecoute à ce sujet un autre psaume : « Chantez au Seigneur un cantique nouveau; toute la terre, chantez au Seigneur 2 ». De là nous pouvons comprendre que celui qui ne chante pas avec toute la terre, ne chante point un cantique nouveau, quelles que soient les paroles qui sortent de sa bouche. A quoi bon écouter le son de la voix, quand je connais la pensée ? Mais vous, dira-t-on, connaissez-vous la pensée ? Les actes me l’apprennent. Qu’un homme soit surpris en flagrant délit de vol, d’homicide, d’adultère, sans voir ses pensées dans son cœur, on les connaît par ses actes. Il est beaucoup de pensées qui demeurent dans notre intérieur; mais il en est beaucoup qui passent dans nos œuvres, et qui deviennent évidentes pour les hommes. Pour ces hommes qui ont brisé avec le Christ les liens de la charité, quand ils n’étaient corrompus qu’à l’intérieur, Dieu seul les connaissait. Mais l’épreuve est survenue, les a séparés et a montré aux hommes ce qui n’était connu que de Dieu. Ou ne juge du fruit que par les œuvres. De là cette parole de l’Evangile «Vous les connaîtrez à leurs fruits 3». Ainsi disait le Seigneur, à propos de ceux qui revêtent la peau des brebis, et qui ne sont à l’intérieur que des loups ravissants; et de peur que l’humaine fragilité ne nous empêche de reconnaître le loup sous la peau d’une brebis, le Sauveur ajoute : « Vous les « connaîtrez à leurs fruits ». Nous cherchons le fruit de la charité, et nous trouvons les épines de la division. « Vous les connaîtrez à leurs fruits ». Leur cantique est donc l’ancien, chantons le cantique nouveau. Nous vous l’avons dit déjà, mes frères, toute la terre chante le nouveau cantique. Quiconque ne chante point le nouveau cantique avec toute la terre, pourra chanter ce qu’il voudra, sa langue pourra proférer l’Alleluia; qu’il le chante, et le jour et la nuit, mes oreilles ne s’arrêteront point au bruit de ses chants, je m’arrêterai à ses œuvres. Que j’interroge l’un d’eux, que je lui dise : Quel est ton chant ? Alleluia, me répond-il. Que signifie Alleluia ? Louez le Seigneur. Viens, louons le Seigneur ensemble. Si tu loues le Seigneur, moi aussi je loue le Seigneur; pourquoi serions-nous en désaccord ? La charité loue le Seigneur, la discorde lui jette le blasphème.

1. Jean, 1, 1-3. - 2. Ps. VI, 8. — 3. Id. XCV, 1. - 4. Matth. VII, 16.

 

Cristo risorto ci invita al pescare ed a mangiare con Lui.

III domenica di Pasqua – Anno C – 4 maggio 2025

 

Rito romano

At 5, 27b-32. 40b-41; Sal 29; Ap 5, 11-14; Gv 21, 1-19

Cristo è l’amore che chiede di essere seguito.

 

Rito ambrosiano

At 28,16-28; Sal 96; Rm 1,1-1-16b; Gv 8,12-19

Cristo luce di carità per mondo.

 

 

Premessa:

Per spiegare il brano del vangelo di oggi, mi servo dell’Anello del Pescatore. Fin dal primo millennio cristiano l’anello è insegna propria del Vescovo. L’Anello, che viene consegnato al Papa il giorno dell’inizio del suo ministero petrino, è detto Anello del Pescatore, con l’immagine-sigillo di San Pietro e la barca con la rete, ha il significato particolare dell’anello-sigillo che autentica la fede e significa il compito affidato a Pietro di confermare i suoi fratelli (cf. Lc 22, 32). Viene detto anello “del Pescatore” perché Pietro è l’Apostolo pescatore (cf. Mt 4, 18-19; Mc 1, 16-17) che, avendo avuto fede nella parola di Gesù (cf. Lc 5, 5), dalla barca ha tratto a terra le reti della pesca miracolosa (cf. Gv 21, 3-14)

La missione di Cristo diventa quella del Suo Vicario e la nostra che in lui filialmente riconosciamo il primato dell’amore: pescare i fratelli dalla morte. L’aspetto istituzionale della chiesa, rappresentato da Pietro, è fondato sull’amore e sul perdono accettato e accordato.L’aspetto carismatico, rappresentato dal discepolo amato, è anima e misura di ogni istituzione: è l’amore, che vive in eterno. Tutto il resto è “funzionale”: da accettare o rifiutare secondo che serva o no ad amare. La Chiesa ha come principio e fine la libertà di amare. 

“La Messa in comunione con il Papa è memoriale dell’immenso amore del tuo Figlio, fa’ che l’intera famiglia umana, mediante l’azione missionaria della Chiesa, possa gustare il frutto della redenzione” (Orazione sopra le offerta nella Messa di inizio del Pontificato).

Quello che vale per prima comunità cristiana riunita attorno a Gesù e da Lui chiamata a testimoniare la  misericordia di Dio portando la conversione e il perdono a “tutte le genti”, vale per la Chiesa attuale. Anche oggi la vocazione della Chiesa è  far risplendere nel mondo il volto misericordioso di Dio,  portare la pace di Cristo risorto ad una umanità mai rinnegata, ma assunta con tutte le sue ferite e risorta dalla gioia del perdono.

 

 

1)    Cristo risorto è presente tra i suoi, sempre.

Tre domeniche fa, a Pasqua, la prima di tutte le domeniche, abbiamo festeggiato la vittoria del Verbo di Vita, che è Luce. Questa Luce ha sconfitto le tenebre ed è il principio di una vita che non è sottomessa all’usura del tempo perché è messa nell’eterna giovinezza di Dio. Abbiamo celebrato la vittoria dell’Amore, che è più forte della morte e del peccato, che ha fatto entrare nel mondo la morte e le sue  tenebre.

Domenica scorsa, la seconda di Pasqua, ci è stata ricordata la tenerezza di Gesù per Tommaso, il suo discepolo appassionato ma assente alla prima apparizione del Risorto nel Cenacolo. Questo Apostolo, davanti alla concretezza della presenza del Redentore, l’ha riconosciuto ed ha detto le parole più belle e splendide della fede cristiana: «Mio Signore e mio Dio». Allora Gesù guardò Tommaso con i suoi occhi pieni di misericordia. 

Poi con uno sguardo che dona serenità e fiducia, che infonde coraggio e audacia, che sprigiona passione e forza irresistibili invitò tutti gli Apostoli ad andare fino agli estremi confini della terra per annunciare il Vangelo: la più buona e bella notizia di cui ha assoluto bisogno l’uomo di ogni tempo e di ogni luogo.

In questa terza domenica di Pasqua Gesù dona la propria presenza ad alcuni apostoli per confermare loro la vocazione di essere imbarcati nel e dall’amore infinito, misericordioso e fedele, come i pesci della pesca straordinaria, di cui il vangelo di oggi ci parla. Non è solo un’apparizione per confermarli nella certezza della Sua Risurrezione, è anche una ri-presa della missione di essere pescatori di uomini.

            Con le apparizioni Gesù manifesta una Presenza santa e fedele. Oggi come allora egli invita a stare con Lui, che sta (Gv 21,4) sulla riva del lago.

            Con la sua Presenza dimostra che l’Amore donato vince la morte per sé e per gli amici, Giuda compreso. Non dimentichiamo che quando andò per trardirLo, Giuda fu chiamato da Cristo: “Amico”. Come non pensare che questa parola non abbia trafitto in bene il cuore del traditore. E forse l’ultimo momento, ricordando quella parola e l’accettazione del bacio, anche Giuda avrà sentito che il Signore gli voleva ancora bene e lo riceveva tra i suoi di là.

            Nell’ultima Cena Gesù disse a tutti gli Apostoli: “Non vi chiamo più servi, ma amici” (Gv 15, 15). Gesù fa anche a noi questo dono di chiamarci “amici”.

E proprio perché siamo suoi amici, Cristo ci parla da amico ad amici e chiede di amarci gli uni gli altri, presentando il suo stesso amore come la fonte, il modello e la misura del nostro amore vicendevole e fraterno (cfr Gv 15, 12).

            In breve, possiamo dire che il Risorto invita i suoi Apostoli, e oggi noi, a stare con lui. Occorre “stare” con Lui, innestati in Lui come tralci alla vite per avere la sua Vita, “occorre stare con Gesù per poter stare con gli altri” (Benedetto XVI, alla Fraternità sacerdotale San Carlo Borromeo il 13 febbraio 2011). Papa Francesco completa invitando a scegliere di fidarsi di Gesù. Dice: “Ma, sta bene: sulla tua parola getterò le reti”. “Attenzione! – spiega Papa Francesco – Pietro non dice: sulle mie forze, sui miei calcoli, sulla mia esperienza di esperto pescatore, ma “Sulla tua parola”, sulla parola di Gesù! E il risultato è una pesca incredibile». E di seguito: «Fidarsi di Gesù. E quando dico questa cosa, […] io non vengo qui a vendervi un’illusione. Io vengo qui a dire: c’è una Persona che può portarti avanti: fidati di Lui! È Gesù! Fidati di Gesù! E Gesù non è un’illusione!” (a Cagliari, 22 settembre 2017).

Stando con Lui condividiamo l’amore che dura per sempre ed è per tutti.

 

 

            2) Il potere che nasce dall’amore: Mi ami? …Ti voglio bene… Pasci i miei agnelli.

            Dopo il pasto consumato mangiando il pane offerto dal Risorto stesso e del pesce arrostito frutto della pesca eccezionale, inizia il dialogo tra Gesù e Pietro, che ricorda a Pietro il suo tradimento, la sua defezione. E' bastata la battuta di una serva pettegola per farlo crollare e ridicolizzare. Questo ricordo è doloroso per Pietro, ma Gesù non gli chiede né spiegazioni né scuse; gli chiede solo se gli vuole bene, perché a Gesù non interessa che il suo nuovo pontefice sia forte o coerente, gli interessa solo sapere se gli vuole bene, se ha ancora il desiderio di seguirlo. Colui che sarà il Vescovo di Roma, che presiede alla carità, riceve il suo incarico con un “esame” sulla carità. A Pietro che gli offriva il suo dolore, Cristo diede la conferma del suo amore.

            Il cammino della santità non consiste nel non avere mai tradito, ma nel rinnovare ogni giorno la nostra amicizia per Cristo. 


            Le tre domande di Gesù sono sempre diverse, perché Gesù si adatta alle riposte di Pietro. Alla prima domanda: Mi ami (in greco agapàs me da agapào) più di tutti?, Pietro risponde senza restare nei termini esatti: infatti mentre Gesù usa un verbo raro, quello dell'agàpe, il verbo sublime dell'amore assoluto, dell’amore di oblazione, Pietro risponde con il verbo umile, quotidiano, quello dell'amicizia e dell'affetto (in greco filèo): ti voglio bene (filo se), inoltre non paragona con gli altri. 


            Ed ecco la seconda domanda: 
Simone figlio di Giovanni, mi ami (agapàs me)? Gesù ha capito la fatica di Pietro, e chiede di meno: non più il confronto con gli altri, ma rimane la richiesta dell'amore assoluto (agàpe). Pietro risponde ancora di sì, ma lo fa come se non avesse capito bene, usando ancora il suo verbo (filèo), quello più rassicurante, così umano, così nostro: io ti sono amico, lo sai, ti voglio bene. Non osa parlare di amore, si aggrappa all'amicizia, all'affetto. 


            Nella terza domanda, è Gesù a cambiare il verbo, abbassa quella esigenza alla quale Pietro non riesce a rispondere, si avvicina al suo cuore incerto, ne accetta il limite e adotta il suo verbo: 
Pietro, mi vuoi bene (fileìs me da fileo)? 
Gli domanda l'affetto se l'amore è troppo; l'amicizia almeno, se l'amore mette paura; semplicemente un po' di bene. 
Gesù dimostra il suo amore abbassando per tre volte le esigenze dell'amore, rallentando il suo passo (come sulla strada verso Emmaus) su quello più lento del discepolo.

            Insomma, Gesù accetta che Pietro lo “ami” come lui pensa gli è possibile e siccome sa che Pietro Lo ama veramente e totalmente gli affida il primato dell’amore per pascere la Chiesa, gli mette sulle spalle il potere che deriva dalla carità (agàpe). Uno che come Pietro ha saputo riconoscere la propria povertà e ricevere l’amore da Cristo, saprà servire, pascendoli i suoi fratelli poveri, bisognosi di amore e di verità. Pietro è pronto: saprà aiutare i fratelli poveri ora che ha accettato la sua povertà,  ha mendicato l’amore del Signore, che lo invita a seguirlo, sempre

 

            3) E noi?

            A Pietro, ma a ciascuno di noi, Gesù rivolge la parola finale del vangelo romano di oggi: “Seguimi”. Dietro a Pietro, seguiamo Cristo, non dimenticando un fatto significativo: Gesù Cristo appare prima alle donne, sue fedeli seguaci, che non ai discepoli e agli stessi apostoli, che pure aveva scelto come portatori del suo Vangelo nel mondo. 

            Alle donne per prime affida il mistero della sua risurrezione, rendendole prime testimoni di questa verità. Forse vuol premiare la loro delicatezza, la loro sensibilità al suo messaggio, la loro fortezza che le aveva spinte fino al Calvario. 

            Forse vuol manifestare un tratto squisito della sua umanità, consistente nel garbo e nella gentilezza con cui accosta e benefica le persone che contano meno nel gran mondo dei suoi tempi. E ciò che sembra risultare da un testo di Matteo 28,9-10): “Ed ecco Gesù venne incontro (alle donne che correvano a dare l'annunzio ai discepoli) dicendo: Salute a voi! Ed esse, avvicinatesi, gli cinsero i piedi e lo adorarono. Allora Gesù disse loro: "Non temete: andate ad annunziare ai miei fratelli che vadano in Galilea e là mi vedranno (e ciò accadde come ci testimonia il vangelo di oggi”. Anche l'episodio dell'apparizione a Maria di Magdala (Gv 20,11-18) è di straordinaria finezza sia da parte della donna, che rivela tutta la sua appassionata e composta dedizione alla sequela di Gesù, sia da parte del maestro che la tratta con squisita delicatezza e benevolenza.

            A questa precedenza delle donne negli eventi pasquali dovrà ispirarsi la Chiesa, che nei secoli ha potuto contare tanto su di esse per la sua vita di fede, di preghiera e di apostolato.

            Inoltre, secondo me, le Vergini consacrate ci danno un esempio di come la vita offerta a Dio nella consacrazione fa in modo che l’amore sia complemento che fa viva e operante la fede (Gal. 5, 6): l’amore, la carità; ciò che farà dire a S. Agostino una delle sue memorabili parole sintetizzanti: «Hoc est enim credere in Christum, diligere Christum»; questo vuoi dire finalmente credere in Cristo, amare Cristo (Enarr. in Ps. 130, 1; PL 37, 1704). Ancora di più, le Vergini Consacrate mostrano con la loro vita che l’amore a Dio a cui si sono donate completamente, spinge al trasferimento di questo amore ai fratelli e sorelle in umanità.

            “Per la loro particolare vocazione, attingono all’amore di Dio anche le donne che nella Chiesa ricevono la consacrazione verginale: per amore di Cristo, sommamente amato, rinunciano all’esperienza del matrimonio umano per essere a Lui congiunte con un legame sponsale, sperimentare e testimoniare nella condizione verginale (1 Cor 7, 34) la fecondità di tale unione, anticipare la realtà della comunione definitiva con Dio cui tutta l’umanità è chiamata (Lc 20, 34-36)”(Congregazione per gli Istituti di Vita Consacrata e  le Società di Vita Apostolica,  Istruzione sull’Ordo Virginum Ecclesiae Sponsae Imago,  n. 18, 8 giugno 2018).

  

Consiglio pratico:

Propongo di ripetere spesso questa bella preghiera di Sant’Agostino: “Custodisci, Signore, i nostri cuori uniti per sempre, affinché seguendo solo te lungo il cammino il nostro affetto diventi carità” (Custodi, Domine, animas nostras in perpetuo iunctas, ut te solum sequentes in via dilectio nostra caritas fieri posset).

 

 

 

LETTURA PATRISTICA

SANT’AGOSTINO D’IPPONA

SUL SALMO 130

ESPOSIZIONE

DISCORSO AL POPOLO 

sull’umiltà e sulla fede che implica l’amore

http://www.augustinus.it/italiano/esposizioni_salmi/index2.htm

 

Il credente è tempio di Dio e membro del corpo di Cristo.

1. Nel presente salmo ci si inculca l'umiltà di quel fedele servo di Dio dalla cui voce esso è cantato e che è l'intero corpo di Cristo. Spesse volte infatti abbiamo richiamato alla vostra attenzione che la voce di chi canta [nel salmo] non deve intendersi come voce di un singolo individuo ma come voce di tutti i componenti il corpo di Cristo. E siccome questi " tutti " sono compaginati nel suo corpo, possono parlare come un solo uomo: in effetti i molti e l'uno sono una stessa entità. In se stessi sono molti, nell'unità dell'unico [Cristo] sono uno solo. E questo corpo di Cristo è anche tempio di Dio, secondo le parole dell'Apostolo: Santo è il tempio di Dio e questo siete voi, voi cioè che credete in Cristo con quella fede che comporta l'amore. Credere in Cristo è infatti la stessa cosa che amare Cristo. Non come credevano i demoni, senza amore cioè, sicché pur credendo dicevano: Che c'è in comune fra noi e te, o figlio di Dio? Noi dobbiamo credere in modo tale che la nostra fede in Cristo sia un tratto di amore. La nostra parola non deve essere: Cosa c'è in comune fra noi e te? ma: Noi siamo tuoi, avendoci tu riscattati. Quanti credono in questa maniera sono, per così dire, le pietre vive con le quali è costruito il tempio di Dio ; sono il legno incorruttibile con cui fu formata l'arca che le acque del diluvio non riuscirono a sommergere. Essi sono ancora il tempio di Dio - si tratta ovviamente sempre di uomini! - nel quale Dio viene pregato e dal quale egli esaudisce. Chi prega Dio al di fuori di questo tempio non viene esaudito col conseguimento della pace propria della Gerusalemme celeste, sebbene venga esaudito quanto a certe richieste di beni temporali che Dio elargisce anche ai pagani. In tal senso una volta furono esauditi anche i demoni, quando fu loro concesso di entrare nei porci. Ben altra cosa è l'essere esaudito in ordine alla vita eterna, e questo non è concesso se non a chi prega nel tempio di Dio. Ora nel tempio di Dio prega soltanto colui che prega nella pace della Chiesa, nell'unità del corpo di Cristo. Questo corpo di Cristo consta di molti credenti sparsi su tutta la terra, ed è per questo che chi prega nel tempio viene esaudito. Chi prega nella pace della Chiesa prega in spirito e verità, né la sua preghiera è fatta in quel tempio che era solamente una figura.

 

DISCORSO 34

http://www.augustinus.it/italiano/discorsi/discorso_045_testo.htm

DISCORSO TENUTO A CARTAGINE NELLA BASILICA DEI MAGGIORI
SUL RESPONSORIO DEL SALMO 149:
"CANTATE AL SIGNORE UN CANTICO NUOVO"

1. Siamo stati esortati a cantare al Signore un cantico nuovo. L'uomo nuovo conosce il cantico nuovo. Il cantico è un fatto d'allegrezza e, se consideriamo la cosa con maggior diligenza, è un fatto d'amore, sicché chi sa amare la vita nuova sa cantare il cantico nuovo. Occorre quindi che ci si precisi quale sia la nuova vita a motivo del cantico nuovo. Rientrano infatti nell'unico regno tutte queste cose: l'uomo nuovo, il cantico nuovo, il testamento nuovo, per cui l'uomo nuovo e canta il cantico nuovo e appartiene al Testamento nuovo.

Amiamo perché siamo stati amati.

2. Non c'è nessuno che non ami; quel che si domanda è che cosa ami. Non ci si esorta a non amare ma a scegliere quel che amiamo. Ma cosa potremo noi scegliere se prima non siamo stati scelti noi stessi? In effetti, se non siamo stati prima amati, non possiamo nemmeno amare. Ascoltate l'apostolo Giovanni. È quell'apostolo che poggiò il capo sul petto del Signore e in quel banchetto bevve i misteri celesti 1. Da quanto bevve, da quella sua felice ubriachezza eruttò: In principio era il Verbo 2. Umiltà sublime ed ubriachezza sobria! Orbene, quel grande eruttatore, cioè predicatore, fra le altre cose che aveva bevute dal petto del Signore disse anche questo: Noi amiamo perché lui ci ha amati precedentemente 3. Molto aveva concesso all'uomo - parlava infatti di Dio! - quando aveva detto: Noi amiamo. Chi ama? Chi è amato? Gli uomini amano Dio, i mortali l'immortale, i peccatori il giusto, i fragili l'immutabile, le creature l'artefice. Noi abbiamo amato. Ma chi ci ha dato questa facoltà? Poiché egli ci ha amati antecedentemente. Cerca come possa l'uomo amare Dio: assolutamente non lo troverai se non nel fatto che egli ci ha amati per primo. Ci ha dato se stesso come oggetto da amare, ci ha dato le risorse per amarlo. Cosa ci abbia dato al fine di poterlo amare ascoltatelo in una maniera più esplicita dall'apostolo Paolo, che dice: La carità di Dio è diffusa nei nostri cuori. Ma come? Forse per opera nostra? No. Ma allora come? Attraverso l'azione dello Spirito Santo che ci è stato dato 4.

Dio è amore ineffabile.

3. Poiché dunque tanto grande è la fiducia che abbiamo, amiamo Dio attraverso Dio. Senz'altro! Siccome lo Spirito Santo è Dio, noi amiamo Dio attraverso Dio. Cosa potrei dire di più che amiamo Dio attraverso Dio? Effettivamente, se ho potuto affermare che l'amore di Dio è diffuso nei nostri cuori attraverso l'azione dello Spirito Santo che ci è stato donato 5, ne segue che, essendo lo Spirito Santo Dio, noi non possiamo amare Dio se non per mezzo dello Spirito Santo, cioè non possiamo amare Dio se non attraverso Dio. Ne è la [ovvia] conseguenza. Ascoltate la cosa in maniera più palese dallo stesso Giovanni. Dio è amore, e chi rimane nell'amore rimane in Dio e Dio rimane in lui 6. Sarebbe stato poco dire: L'amore procede da Dio. Chi di noi oserebbe dire quello che propriamente è stato detto: Dio è amore? Lo ha detto uno che sapeva quel che possedeva. Come fa allora l'immaginazione e il pensiero dell'uomo, così instabili, a fabbricarsi un dio? Come può l'uomo fabbricarsi in cuore un idolo, modellandolo sulle forme che può pensare e non qual è quello che ha meritato di scoprire? "No è così?". "No, ma è così". Cosa stai lì a ordinarne i lineamenti, a strutturarne le membra, a plasmare secondo il tuo arbitrio la statura, a immaginare la bellezza del corpo? Dio è amore. Qual è il colore della carità? quali i lineamenti? quale la forma? Nulla di questo vediamo; eppure lo amiamo.

Esempio dell'amore umano.

4. Oso dire una cosa alla vostra Carità. Osserviamo nelle cose inferiori ciò che dobbiamo riscontrare nelle superiori. Lo stesso amore basso e terreno, lo stesso amore sudicio e delittuoso che si attacca alle bellezze del corpo ci offre un qualche richiamo per elevarci alle cose più alte e più pure. Ecco un uomo lascivo e disonesto che si innamora d'una bellissima donna. Il movente è, è vero, la bellezza del corpo, ma quello che si cerca è lo scambio interno di amore. Se infatti quel tale ode che la donna lo odia, non ne seguirà forse che tutto il suo trasporto impetuoso per quelle membra attraenti si raffredderà? Da ciò che mirava d'avere, in certo qual modo si ritrae, si allontana, e, offeso, comincia anche a odiare ciò che amava. Forse che è mutata la bellezza esteriore? Non le restano forse ancora tutte le doti che l'avevano attratto? Certo che restano. La verità è che egli ardeva [d'amore] per ciò che vedeva, ma dal cuore esigeva ciò che non vedeva. Se al contrario s'accorge che lo scambio d'amore esiste, quanto più fortemente se ne infiamma! Lei vede lui, lui vede lei, l'amore non lo vede nessuno. Eppure ciò che si ama è proprio questo [elemento] che non si vede.

5. Elevatevi da questa bramosia fangosa, per abitare [col cuore] nella carità fulgente di luce. Tu non vedi Dio. Ama e lo possiedi. In fatto di desideri riprovevoli, quante cose si amano e non si riesce ad averle! Vengono cercate con affetto sordido, ma non per questo immediatamente le si posseggono. Coincidono forse amare l'oro e possedere l'oro? Molti lo amano, ma non lo posseggono. Forse che amare amplissimi e feracissimi campi è lo stesso che possederli? Molti li amano ma non li posseggono. Forse che amare gli onori è lo stesso che possedere gli onori? Molti, che pur bramano ardentemente gli onori, son privi di onori. Cercano di averli, ma spesse volte muoiono prima di conseguire quel che cercavano. Dio ci si offre in forma di capitale. Ci grida: Amatemi e mi possederete, poiché se non mi avreste, non potreste nemmeno amarmi.

Siate voi stessi la lode di Dio.

6. O fratelli, o figli, o germogli della Chiesa cattolica, o semi santi e celesti, o rigenerati in Cristo e [in lui] nati dall'alto, ascoltatemi! Anzi, stimolati da me, cantate al Signore un cantico nuovo 7. Eccomi - dici - io sto cantando. Stai cantando, è vero, stai cantando: lo ascolto. Ma che la tua vita non proferisca testimonianza contrastante con la tua lingua. Cantate con le voci, cantate con i cuori; cantate con le labbra, cantate con i costumi. Cantate al Signore un cantico nuovo. Volete sapere cosa occorra cantare di colui che amate? Senza dubbio vuoi cantare di colui che ami. Vuoi conoscere le sue lodi per cantarle. Avete ascoltato: Cantate al Signore un cantico nuovo. Vuoi conoscerne le lodi? La sua lode nella Chiesa dei santi 8. La lode da cantare è lo stesso cantore. Volete innalzare lodi a Dio? Siate voi la lode che volete proferire; e sarete sua lode se vivrete bene. La sua lode infatti non è nelle sinagoghe dei giudei, non è nella scempiaggine dei pagani, non negli errori degli eretici, non nelle acclamazioni dei teatri. Volete sapere dove sia? Guardate a voi stessi, siatelo voi stessi! La sua lode nella Chiesa dei santi. Cerchi il motivo che ti faccia godere quando canti? Si allieti Israele in colui che l'ha creato 9; e non troverà dove allietarsi se non in Dio.

Per acquistare la carità dona te stesso.

7. Bene, miei fratelli! Interrogate voi stessi, esaminate le [vostre] celle interiori. Guardate e riflettete su quanto siate ricchi in fatto di carità; e poi accrescete quel che avete riscontrato. Badate a tale tesoro, perché possiate essere interiormente ricchi. Anche delle altre cose che hanno un gran pregio si dice, è vero, che son cose care, e ciò non invano. Osservate il vostro modo di parlare. Questo - dite - è più caro di quello. Che significa "più caro" se non più prezioso? Se si dice "più caro" ciò che è più prezioso, che cosa, miei fratelli, sarà più caro della carità in se stessa? Quale pensiamo possa essere il suo prezzo 10? Dove si trova il suo prezzo? Prezzo del grano è qualche tua moneta, prezzo d'un campo è l'argento, prezzo di una pietra preziosa è l'oro; prezzo della carità sei tu stesso. Cerchi dunque come possedere un campo, una pietra preziosa, un giumento. Cerchi come comprare un campo e lo cerchi in tasca tua. Se però vuoi possedere la carità, cerca te stesso, trova te stesso. Forse che stenti a darti per paura di consumarti? Tutt'altro! Se non ti darai sei perduto. La stessa carità [ti] parla per bocca della Sapienza e ti dice qualcosa che t'impedisce d'avere paura delle parole: Da' te stesso 11. Se infatti qualcuno volesse venderti un campo ti direbbe: Dammi del tuo oro, e se qualche altro [volesse venderti] cose simili, dammi tue monete - ti direbbe -, dammi del tuo argento. Ascolta cosa ti dice la carità per bocca della Sapienza: Dammi il tuo cuore, o figlio 12. Dice: Dammi. Che cosa? Il tuo cuore, o figlio. Era male quando esso era dalla parte tua, quando era tuo. Ti lasciavi infatti attrarre da vanità e da amori lascivi e perniciosi. Toglilo da li! Dove lo trasporterai? dove lo porrai? Dice: Dammi il tuo cuore. Appartenga a me e non perirà per te. Osserva infatti se ha voluto lasciare in te qualche possibilità d'amare te stesso colui che ti dice: Amerai il Signore tuo Dio con tutto il tuo cuore, con tutta la tua mente, con tutta la tua anima 13. Cosa resta del tuo cuore per amare te stesso? Cosa della tua anima o della tua mente? Dice: Con tutto. Esige tutto te colui che ti ha creato. Ma non rattristarti quasi che non ti rimanga nulla di cui godere. Si allieti Israele, non in sé, ma in colui che l'ha creato 14.

Se non ami Dio non ami te stesso.

8. Mi replicherai dicendo: Se non mi rimane alcuna risorsa per amare me stesso - dal momento che mi si ingiunge di amare colui che mi ha creato con tutto il cuore, con tutta l'anima e con tutta la mente 15 - come nel secondo precetto mi si comanda di amare il prossimo come me stesso? 16. Questo significa piuttosto che devi [darti] al prossimo con tutto il cuore, con tutta l'anima e con tutta la mente. Come? Amerai il prossimo tuo come te stesso 17. Dio con tutto me stesso, il prossimo come me stesso. Così me, così te. Vuoi ascoltare come debba amare te? Ami te stesso, se ami Dio con tutto te stesso. Credi che giovi a Dio il fatto che tu lo ami? Forse che, per il fatto che lo ami, Dio ci acquista qualcosa? Se non lo ami, chi ci perde sei tu. Quando [lo] ami, tu te ne avvantaggi; tu sarai là dove non si perisce. Mi risponderai dicendo: Ma quando non mi sono amato? Non ti amavi certamente quando non amavi Dio, tuo Creatore. Ma tu, pur odiandoti, credevi di amarti. Difatti chi ama l'iniquità odia la sua anima 18.

Preghiera dopo il discorso.

9. Rivolti al Signore, Dio Padre onnipotente, a lui, con cuore puro, per quanto può la nostra pochezza, rendiamo amplissime grazie. Preghiamo con tutta l'anima la sua incomparabile mansuetudine perché si degni di esaudire, secondo il suo beneplacito, le nostre preghiere; con la sua potenza espella il nemico dalle nostre azioni e dai nostri pensieri, moltiplichi in noi la fede, governi la mente, conceda pensieri spirituali e ci conduca alla sua beatitudine. Per Gesù Cristo, suo Figlio e nostro Signore, che è Dio, e vive e regna con lui nell'unità dello Spirito Santo, per tutti i secoli dei secoli. Amen.